Data Gueule dissèque l'industrie de la viande et ses conséquences pour la planète [vidéo] ✪

[vidéo] Data Gueule met les pieds dans le plat (de viande)

source :  http://www.madmoizelle.com/datagueule-viande-climat-491393

Data Gueule passe au crible les chiffres de l’industrie de la viande, et mesure ses impacts sur les ressources naturelles. Le bilan carbone-cholestérol n’est pas brillant. Mais ça, on le savait déjà, non ?

Pour une analyse rigoureuse et chiffrée, faites confiance à Data Gueule : voici ce que « coûte » aux humain•e•s et à la planète notre goût pour la chair animale.

À mesure que les régimes végétariens et végétaliens séduisent de plus en plus de monde, se multiplient aussi les hoax et autres études fumeuses qui voudraient nous faire croire que manger de la salade pollue plus que manger du bacon, ou que les légumes sont plus mauvais pour la santé que certaines viandes (à cause des pesticides !), etc.

 

Ce qui m’effraie toujours, c’est d’entendre ces fausses informations reprises par des gens que j’estime tout à fait capables de faire cette déduction pourtant simple : les animaux ne poussent pas dans les champs, ils mangent aussi, comme nous, beaucoup plus que nous, et ils mangent des végétaux (…traités aux pesticides, eux aussi).

Pas besoin d’avoir eu la médaille Fields pour faire les calculs qui vont suivre.

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Le problème est à la fois toute la matière qu’une vache consomme, mais aussi toute celle qu’elle rejette.

Ce qui suit ne devrait pas faire l’ombre d’un doute pour qui que ce soit : si une vache boit et mange 100 fois plus que toi, une vache pollue 100 fois plus que toi au minimum, vu qu’elle consomme la même chose que toi, mais en 100 fois plus. Et ce calcul ne prend pas en compte la pollution générée par la vache, qui est, là aussi, démesurée : entre les émissions de méthane et les déjections de l’animal, le problème n’est pas seulement toute la matière que la bête consomme, c’est aussi toute celle qu’elle rejette.

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Notons que les « déchets » produits par nos animaux d’élevage polluent nos terres agricoles, notre eau potable.

Chers pouvoirs publics… on en parle ?

Je ne vais pas me lancer dans un énième sermon à l’égard des consommateurs de viande : ceux qui savent n’ont pas besoin qu’on leur fasse la leçon, ceux qui l’ignorent encore doivent faire ce chemin par eux-mêmes.

 

C’est aux pouvoirs publics que j’ai envie de faire la leçon : combien de temps encore allez-vous faire l’autruche ?

En achevant le visionnage de cet épisode, c’est plutôt aux pouvoirs publics que j’ai envie de faire la leçon. Parce que vous, mesdames et messieurs les décideurs publics, vous les avez, ces chiffres. Vous avez sans doute des projections, vous savez sans doute que notre modèle agricole et alimentaire n’est pas viable, pas si on se préoccupe un minimum du devenir des populations du Sud, celles dont les terres agricoles sont accaparées pour la culture du soja pour nourrir « nos animaux de consommation ».

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Et non, contrairement à une idée (fausse) très répandue, ce n’est pas « le soja des végétarien•ne•s » qui colonise et assèche les terres par sa monoculture : c’est le soja des animaux.

« 75% des terres agricoles du monde sont dédiées à faire pousser la nourriture de notre cheptel mondial. »

Mais cette viande ne rapporte que 8% des calories et 18% des protéines consommées. La culture de soja est responsable de 91% de la déforestation en Amazonie… et 4% seulement du soja est consommé par les humain•e•s.

Un problème de santé publique

Je ne considère pas que les consommateurs de viande sont d’irresponsables égoïstes. En revanche, je m’interroge sérieusement sur la responsabilité de nos autorités publiques, politiques et sanitaires, qui continuent de professer les vertus des régimes carnés, qui continuent de soutenir un modèle de production et de consommation aussi nocif pour l’homme et la planète.

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On peut débattre à l’infini du fameux rapport de l’OMS qui pointe les risques accrus de cancer liés à la consommation de viandes transformées : on peut se rassurer en se disant que nous, « on ne mange pas la même viande que les Américains »… mais le fait est que nos bêtes sont pourtant nourries au même soja, et que nous abusons tout autant des traitements antibiotiques, contaminant nos viandes aux bactéries antibiorésistantes, ce que dénonçait déjà en 2014 l’UFC Que Choisir :

« L’OMS révèle qu’en Europe la majeure partie des antibiotiques est destinée non pas à la médecine humaine … mais à la médecine vétérinaire. La France figure avec l’Allemagne en tête de ce triste palmarès avec respectivement 63 % et 68 % du tonnage global d’antibiotiques utilisés pour les animaux ! […]

Jusqu’à 98 % de viandes contaminées par des bactéries résistantes : conséquences de ces errements, les tests réalisés par les associations de consommateurs en Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Pays-Bas et Portugal ont révélé que 72% à 98% des viandes de volailles analysées étaient porteuses de bactéries résistantes.

Plus grave, les analyses réalisées en France par l’UFC-Que Choisir ont montré que 61 % des viandes infectées étaient fortement contaminées par des ‘superbactéries’ résistantes à plusieurs antibiotiques ! »

— Non aux antibiotiques « automatiques » dans les élevagesUFC Que Choisir, 18 novembre 2014.

Les chiffres sont là. Les faits sont là. Combien de temps nos représentants politiques resteront-ils encore passifs et silencieux sur cette question ?

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Avons-nous vraiment le choix ?

« C’est mon choix », répondent des millions de consommateurs de produits carnés. Vraiment ? Quel choix avons-nous vraiment lorsque les menus des cantines scolaires, des cantines d’entreprises, des restaurants, des self-services, des fast-foods, lorsque les rayons des supermarchés et les étals des marchés déclinent à l’infini la vache, la poule, le mouton et le porc sous toutes leurs formes ?

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Le choix de ne pas consommer de produits issus de cette exploitation animale suicidaire pour la planète et pour l’humanité, il faut l’assumer et le revendiquer, il faut s’y investir sérieusement pour réussir à (se) l’appliquer, en France. Il faut le justifier, pour soi et pour les autres. Alors qu’il pourrait n’être qu’un choix de plus au menu, il est une revendication politique.

 

Vous voulez avoir le choix ? Exigeons-le. Car aujourd’hui, nous subissons celui des industries et des pouvoirs publics

Ami•es et allié•es carnistes*, vous voulez avoir le choix ? Exigeons-le ensemble. Une société qui nous élève dans la croyance en la nécessité vitale de consommer des animaux, envers et contre tout bon sens sanitaire et écologique, ne défend pas nos intérêts, et certainement pas notre liberté de choix.

 

*Précisons que « carniste » n’est pas un terme péjoratif : ce terme désigne les consommateurs de produits carnés, évoluant dans un cadre social et culturel légitimant et banalisant la consommation de produits animaux.

Les intérêts que ce modèle de société défend, ce sont ceux de cette industrie planétaire qu’est devenu l’élevage : 679 milliards de dollars par an. 66 milliards de bêtes élevées chaque année. Nous sommes dix fois moins nombreux•ses !

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Je suis végétalienne depuis 3 ans, mais je n’incite personne à le devenir, en France, en 2016 : tant que les pouvoirs publics ne se seront pas saisis de cette question de santé publique, d’écologie, de développement durable, et surtout d’éthique, les végétalien•ne•s continueront d’être pris•es pour un microcosme de hippies idéalistes endoctriné•es par des gourous du « healthy ».

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Je ne cherche pas à faire de la propagande, mais au contraire, à ouvrir une véritable discussion sur le sujet : les chiffres sont là. Les faits sont indiscutables. Plutôt que de tenter de minimiser les récentes conclusions de l’OMS, ou de servir de la laïcité dans les cantines, si on l’ouvrait, cette discussion franche et responsable, à propos de notre modèle de consommation ?

« Le ministre de l’Agriculture a brisé le silence en déclarant qu’il ne fallait pas « céder à la panique » ; que l’on « pouvait » et que l’on « devait » manger de la viande, qu’elle soit « rouge » ou « transformée ». Et ce d’autant que les filières françaises de l’élevage sont confrontées aux difficultés que l’on sait. »

On parle quand même de la façon dont l’humanité compte se nourrir dans le courant du siècle à venir. Je sais pas pour vous, mais moi, je mange trois fois par jour. C’est une question qui m’intéresse et me préoccupe hautement.

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Suicide politique ou suicide collectif, cher•es élu•es ?

Il se murmure dans les milieux informés que remettre en cause l’industrie de la viande serait « un suicide politique ». Ce serait pour ça que nos élu•e•s auraient autant de mal à accepter l’idée d’une option végétarienne dans les menus des cantines, ou simplement ouvrir une discussion qui pourrait amener des millions de consommateurs à repenser leurs choix d’alimentation, à dynamiser le secteur bio et l’offre végétalienne, au détriment d’une version de l’élevage nocive pour l’homme et la planète.

« Un suicide politique », qu’ils disent… En attendant, c’est un suicide sanitaire, social, éthique et écologique que nous commettons. Comme un cheptel que ses bergers mènent à l’abattoir, tranquillement.

Ironique, n’est-ce pas ?

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En attendant que les pouvoirs publics se décident à défendre la santé des citoyen•nes et l’avenir de la planète (rien que ça), devant le contentement de quelques syndicats agricoles, voici quelques ressources pour prendre soin de soi malgré les difficultés qu’il y a à diminuer drastiquement sa consommation de produits animaux quand on vit en France :

Et pour les plus téméraires d’entre vous, la source ultime sur l’impact de l’industrie de la viande est (à mon avis très humble) l’exceptionnel documentaire disponible sur Netflix (grâce au soutien de la fondation de Leonardo Di Caprio) : Cowspiracy.

Un aller simple pour l’indignation envers les décideurs politiques de tout l’hémisphère Nord, garanti sans image d’abattoirs ni souffrance animale graphique.

Pour une version VOSTFR du trailer, c’est par ici !

66 milliards de têtes

 

Massivement industrialisée, la production de viande est aujourd’hui bien loin de l’idéal du fermier local. S’il existe encore des éleveurs qui commercialisent leur viande localement, ils forment une toute petite minorité (5%). Car la demande est si forte, et en expansion constante à l’échelle du globe, qu’il faut pouvoir élever et tuer plus de 66 milliards de bêtes chaque année. Cette « population » qui représente près de dix fois l’humanité accapare 75% des terres agricoles du globe pour se nourrir alors que celles-ci se raréfient et pourraient ne plus suffire à nourrir l’humanité d’ici peu. Et ceci entraine un coût écologique important. La production de viande génère davantage d’émissions carbones que tous les transports confondus ! 15.500 litres d’eau sont nécessaires pour produire un kilo de viande de bœuf. À l’échelle du globe, 8% de toute l’eau utilisée est vouée à la production de viande. Polluées par les déjections, cette eau contamine les nappes phréatiques jusqu’aux océans.

Mais dans le domaine, évoquer de simples faits se voit trop souvent amalgamé avec une propagande végétarienne tellement ceux-ci semblent surréalistes. On ne pourra pas faire ce reproche à #datagueule qui évite habillement cet écueil en s’attardant exclusivement aux chiffres officiels et vérifiés, en donnant à chacun la liberté de tirer ses propres conclusions et, pourquoi pas, envisager de réduire, rationaliser ou arrêter, sa consommation de viande.


Sources : « 318,7 millions de tonnes, c’est la quantité de viande produite dans le monde en 2015 grâce aux 66 milliards de bêtes que nous élevons chaque année » : http://is.gd/H7S1Pu + http://is.gd/Y8EqD0

« 26% de plus qu’en 2003, il y a 12 ans » : http://is.gd/MLYNW9

« En 2013, le lait de vache, la viande de porc, de boeuf et de poulet étaient quatre des cinq produits agricoles les plus vendus dans le monde, cumulant un total de 679 milliards de dollars » : http://is.gd/y1bMOi

« Entre 1970 et 2014, dans le monde, la consommation moyenne de viande par habitant est passée de 28,7 kg par an à presque 43 kg par an » : http://is.gd/drxlzG + http://is.gd/yJ80Lo

« Quand on avale 33.7 kg par an dans les pays en développement, le total monte à plus de 76kg par an dans les pays développés » : http://is.gd/yJ80Lo

« Avec plus de 7 gigatonnes d’équivalent CO2 émis par année, l’élevage représente 14,5% des émissions de gaz à effet de serre liés aux activités humaines. Plus que les émissions directes du secteur des transports » : http://is.gd/cu5Uv8 + http://is.gd/5nBXNY

« En 2010, que ce ce soit pour leur viande ou leur lait, les bovins cumulaient à eux seul 80% des émissions pour seulement 29% de la demande en viande mondiale » : http://is.gd/nhOmgy

« manger du boeuf n’est pas franchement rentable. Seules 5% des protéines ingurgités par la bête au cours de son existence se retrouvent dans nos assiettes » : http://is.gd/V5zMzg

« Pire, la consommation excessive de viande rouge aggrave les risques de diabète et de maladie cardio-vasculaire. Deux pathologies qui représentent, à elles seules, 30% des décès sur la planète » : http://is.gd/ptbdAn

« Selon l’OMS, la surconsommation de viandes transformées, comme le jambon ou les saucisses, pourraient même s’avérer cancérogène » : http://is.gd/DUElv2 + http://is.gd/cyXiiA

« 75% des terres agricoles du globe sont dédiées à faire pousser la nourriture de notre cheptel mondial » : http://is.gd/Tk1XUH

« Alors que porc, boeufs, poulets et autres animaux ne fournissent que 8% des calories et moins de 18% des protéines que nous mangeons annuellement » : http://is.gd/9lw3zc

« Seul 4% du soja mondial est consommé par des humains. Ces mêmes cultures de soja qui sont responsables de 91% de la déforestation amazonienne » : http://is.gd/Tk1XUH + http://is.gd/Y8EqD0 + http://is.gd/35MhLu

« Il faut 15.500 litres d’eau pour produire un kilo de viande de boeuf » : http://is.gd/1KdYvj

« L’élevage représente 8% de la consommation mondiale d’eau » : http://is.gd/6HCBAf

« Histoire de boucler le cycle naturel, après digestion, les déjections des élevages intensifs finissent souvent par polluer les sols et les eaux alentours, notamment à cause des nitrates » : http://is.gd/392XxU + http://is.gd/6HCBAf

Quand Henry Ford s’inspirait des abattoirs de Chicago : http://is.gd/WqaGcx

« Aujourd’hui, en France, 95% des porcs sont élevés sur caillebotis dans des bâtiments clos. Le mode d’élevage porcin le plus répandu au monde » : http://is.gd/dJA0kY

« Depuis 2011, à Trébivan, dans les Côtes d’Armor, une maternité de 883 truies fait naître 23.000 porcelets par an » : http://is.gd/nmy5ID

« Une miette comparée aux 100 millions de porcs et 10 millions de truies achetés par la Chine, premier importateur mondial, entre début 2014 et mi-2015 » : http://is.gd/Ib4uJD

« En 2009, le bétail américain en a reçu 13.000 tonnes d’antibiotiques. Soit 80% des antibiotiques consommés dans le pays » : http://is.gd/qWUFgZ

« En 2014, sur un échantillon de 100 pièces de dinde et de poulet examinés en France, une sur quatre contenait des bactéries Escherichia coli. 64% de ces bactéries étaient résistantes à nos antibiotiques » : http://is.gd/mWvwBj

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Date de dernière mise à jour : 25/01/2016