TV - Dictature des émotions & (im)médiateté [vidéos] ✪

Le temps de cerveau disponible (Documentaire France 2)

source : https://mrmondialisation.org/le-temps-de-cerveau-disponible

Cruauté, humiliation, jeux d’élimination de l’Homme par l’Homme, sexualisation, violence quotidienne, même le journal-parlé n’y échappe pas. Est-il réactionnaire d’affirmer que les grandes chaînes de télévision abreuvent leur public d’images fortes pour mieux les contrôler ? Pas selon certains experts pour qui ces choix de programmes ne se font pas sans raison. En titillant nos bas instincts, ils préparent notre cerveau à mieux assimiler la publicité, même à notre insu.

 

Depuis les années 80, on observe une « radicalisation » des programmes de télévision sur les principales chaines privées. Pratique largement exploitée aux États-Unis qui s’est peu à peu infiltrée sur le vieux continent. Il semblerait que le téléspectateur n’ait jamais été autant soumis à des images de violence, de peur, de sexe, de compétition et d’humiliation. Dans certains pays, disséquer un cadavre humain en direct le samedi soir à la télévision est une chose devenue pratiquement banale. Pourquoi cette dérive des extrêmes ? Quel pourrait bien en être l’intérêt ? Est-ce vraiment un choix des citoyens ?

Selon les psychologues, il existe deux sortes de pulsions : les pulsions de vie et les pulsions de mort. Toute forme de société a toujours disposé d’une manière de contrôler ces pulsions pour la stabilité collective (à tort ou à raison). Ce reportage nous indique que des grandes chaines privées de télévision prôneraient un maximum l’assouvissement de ces pulsions à travers leurs programmes. Ceci placerait notre inconscient dans un état de disponibilité face à des messages publicitaires. Le produit de consommation vient alors répondre à nos besoins de combler ces pulsions éveillées lors du programme. La chaine de télévision a ainsi fait son travail.

Entendons nous bien. Il n’est pas question de critiquer ici ces pulsions qui font partie de la nature humaine. Il est question de comprendre comment des acteurs privés utilisent ces pulsions pour mieux nous contrôler. Veut-on être libres de nos faits et gestes ? Croyons-nous seulement l’être devant une télévision ? A l’aide de spécialistes, dont le philosophe Bernard Stiegler, ce documentaire démontre comment l’émotion a fait place à l’exacerbation des pulsions les plus manipulables au profit du capital et de la consommation.

Savoir, c’est choisir d’être Libre.

TV LOBOTOMIE - livre de Michel Desmurget

Michel Desmurget est un neurophysiologiste français. Après avoir fréquenté plusieurs grandes université américaines (MIT, 2mory, UCSF). Il dirige une équipe de recherche sur la plasticité cérébrale à l'Inserm. Il est l'auteur de Mad in USA et de TV lobotomie, la vérité scientifique sur les effets de la télévision.

Citation :

Sophie, 2 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela double ses chances de présenter des troubles attentionnels en grandissant.

Lubin, 3 ans, regarde la télé 2 heures par jour. Cela triple ses chances d’être en surpoids.

Kevin, 4 ans, regarde des programmes jeunesse violents comme DragonBall Z. Cela quadruple ses chances de présenter des troubles du comportement quand il sera à l’école primaire.

Silvia, 7 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela augmente de plus d’un tiers ses chances de devenir une adulte sans diplôme.

Lina, 15 ans, regarde des séries comme Desperate Housewives. Cela triple ses chances de connaître une grossesse précoce non désirée.

Entre 40 et 60 ans, Yves a regardé la télé 1 heure par jour. Cela augmente d’un tiers ses chances de développer la maladie d’Alzheimer.

Henri, 60 ans, regarde la télé 4 heures par jour. René, son jumeau, se contente de la moitié. Henri a 2 fois plus de chances de mourir d’un infarctus que René.

Chaque mois, les revues scientifiques internationales publient des dizaines de résultats de ce genre. Pour les spécialistes, dont fait partie l’auteur, il n’y a plus de doute : la télévision est un fléau.
Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l’attention, l’imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l’alcoolisme, la sexualité, l’image du corps, le comportement alimentaire, l’obésité et l’espérance de vie.

Ces faits sont niés avec un aplomb fascinant par l’industrie audiovisuelle et son armée d’experts complaisants. La stratégie n’est pas nouvelle : les cigarettiers l’avaient utilisée, en leur temps, pour contester le caractère cancérigène du tabac…

EXTRAIT :

« Le problème des intellectuels, c’est qu’ils reprochent à la télévision de n’être pas assez bonne. Ils sont suspects de vouloir mettre Arte sur toutes les chaînes et d’imposer leurs préférences culturelles à tout le monde. Pour ma part, je ne crois pas qu’il y ait une bonne ou une mauvaise télévision – je préfère qu’il n’y ait pas de télévision du tout. »
(Alexandre Lacroix, philosophe)

« Parce que les influences médiatiques sont subtiles, cumulatives, et qu’elles adviennent sur une longue période de temps, parents, pédiatres et éducateurs peuvent ne pas être conscients de leur impact. »
(Victor Strasburger, professeur de pédiatrie, école de Médecine, université de New Mexico)

Je suis chercheur. En tant que tel, j’apparais dans le répertoire de diffusion des principaux journaux scientifiques liés au champ des neurosciences fondamentales et cliniques. À chaque nouvelle parution, ces journaux m’envoient leur sommaire, afin que je puisse identifier les travaux susceptibles de m’intéresser. Depuis 15 ans, il ne s’est pas passé une semaine sans que j’extraie au moins un ou deux papiers relatifs aux effets délétères de la télévision sur la santé psychique, cognitive et somatique de l’enfant. La tendance est tellement massive que certains spécialistes n’hésitent plus à évoquer un véritable problème de santé publique. Des voix commencent même à s’élever pour réclamer l’extension, aux grands groupes audiovisuels, des poursuites pénales originellement diligentées contre les industriels du tabac et de la malbouffe. L’analogie est loin d’être incongrue. En effet, l’industrie du tabac fut condamnée en son temps pour avoir indûment stimulé le caractère addictif de produits dont elle connaissait le danger. De nos jours, le complexe médiatico-publicitaire dépense des sommes faramineuses pour identifier et manipuler les ressorts d’une dépendance cathodique dont il devient de plus en plus difficile de nier l’existence. Psychologie, neuro-imagerie, éthologie, ethnologie, sociologie, aucune branche des sciences humaines et médicales n’est dispensée d’apporter son obole à la Cause mercantile. Depuis quelques années, le neuro-marketing s’érige en nouveau graal manipulatoire. Son credo : aller chercher les failles les plus intimes de notre cerveau pour asservir, à notre insu, nos comportements, nos désirs, nos peurs, nos pulsions, nos représentations, nos décisions.

Dans un ouvrage récent, deux spécialistes du sujet résument ainsi l’approche :

« Visez le petit. Préparez votre cible. Marquez-la au front le plus tôt possible. Seul l’enfant apprend bien […]
Les cigarettiers et les limonadiers savent que plus tôt l’enfant goûtera plus il sera accro.
Les neurosciences ont appris aux entreprises les âges idéaux
auxquels un apprentissage donné se fait le plus facilement. »

Pouvons-nous tolérer ce genre d’abjection ? Pouvons-nous rester impassibles lorsqu’une armée de cupides charognards mobilisent tous les outils de la recherche moderne afin d’offrir à Coca-Cola « du temps de cerveau humain disponible » ? Pouvons-nous accepter qu’un « troisième parent cathodique » pénètre subrepticement l’intimité psychique de nos enfants afin de susciter chez eux des comportements de dépendance ou d’achat aux effets sanitaires dévastateurs ? Bien des gens semblent penser que non, parmi lesquels des universitaires, des journalistes, des spécialistes de la convention internationale des Nations unies sur les droits de l’enfant et de nombreux artistes, cadres ou dirigeants de l’industrie audiovisuelle qui refusent de livrer leur précieuse descendance aux affres de « la boîte à images ». Comme le résume Liliane Lurçat avec son talent coutumier, « quelle est la liberté des enfants, si ce n’est d’être des enfants, et au nom de quoi peut-on se permettre d’agir sur eux avec une telle puissance ? Quelle est la liberté des adultes, si ce n’est de pouvoir comprendre, et pourquoi alors cibler l’émotion plutôt que la raison ? » – Ce texte fait référence à l’édition Broché.

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Date de dernière mise à jour : 30/01/2016