Revenu de base ✪

source : http://revenudebase.info/2013/12/27/cercle-vicieux-inegalites

« Le revenu de base est un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, alloué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, individuellement, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement. »

Voici les passages audio d'interviews médias. Source : https://soundcloud.com/revenudebase

Qu’est ce que le revenu universel ? Julien Damon répond sur Euronews

Revenu de Base inconditionnel : initiative citoyenne européenne

1 million de signatures nécessaires pour valider l'Initiative Citoyenne pour un Revenu de Base au niveau Européen,
dont au moins 55 500 signatures pour la France.

Un objectif qui une fois atteint impliquera que les Etats membres de l'UE seront incités par les instances Européennes à étudier l'application de cette solution tant monétaire, que sociale et économique.

Pour un changement sociétal, une autre relation au travail, aux activités, au temps (dont de cerveau) disponible,
pour le partage des savoirs, l'esprit du Libre, réenchanter l'imaginaire, ETC.

Revenu de base remont redim

Et si on se mobilisait TOUS pour atteindre notre quota d'ici la fin décembre ? (dernier délais : 14 janvier 2014)
Il suffit de signer ci-dessous et, surtout, de FAIRE SIGNER, pour qu'un débat public sur le revenu de base soit instauré à échelle européenne :
http://sign.basicincome2013.eu

Le lien direct vers la page officielle pour signer avant le 14 Janvier 2014.

Ceci n’est pas une simple pétition telle que vous avez pu en signer sur le site AVAAZ ou change.org, où une simple adresse e-mail vous est demandée. Cette démarche est l'équivalent d'un vote électronique et des données d'identification sont demandées (numéro de carte d'identité ou de passeport). C'est la démarche incontournable pour faire aboutir une demande officielle.


Si vous-même et chacune des 10 000 personnes qui aiment cette page, faites signer DEUX NOUVELLES PERSONNES cette semaine, alors le tour est joué pour la France !

Alors, on s'y met ?

Initiative

Voici le clip officiel de cette campagne :

 

Réflexion sur le travail salarial (vidéo datant de l'an 2000...)

Un référendum en Suisse pour interdire aux banques la création monétaire

source : http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/11999966/Switzerland-to-vote-on-banning-banks-from-creating-money.html

La Suisse tiendra un referendum pour décider sur la question de l’interdiction de la création monétaire aux banques.

Le gouvernement fédéral suisse a confirmé jeudi qu’il tiendra le référendum, suite à la signature de plus de 110 000 personnes d’une pétition appelant à réserver la création monétaire du système financier seulement à la banque centrale.

La campagne – conduite à travers l’initiative Swiss Sovereign Money, aussi connue en tant que Vollgeld Initiative – est conçue pour limiter la spéculation financière en exigeant aux banques privées d’avoir des réserves couvrant 100% de leurs dépôts.

Le groupe de campagne a précisé : « les banques n’auront plus le droit de créer la monnaie pour eux-mêmes, ils seront uniquement autorisés à prêter de l’argent qu’ils auront reçu des épargnants ou d’autres banques ».

Sous la démocratie directe suisse, un référendum peut avoir lieu si une pétition collecte 100 000 signatures dans les 18 mois qui suivent son lancement.

En cas de succès, la loi sur la souveraineté monétaire accordera à la Banque Nationale Suisse le monopole de la création monétaire, sous forme physique et électronique, « alors que la décision concernant l’introduction du nouvel argent dans l’économie reviendra au gouvernement » a dit Vollgeld.

L’idée de réserver la création monétaire aux banques centrales est apparue dans les années 30 et a été soutenue par le renommé économiste américain Irving Fischer, comme une façon d’éviter les bulles des prix des actifs et de limiter les crédits imprudents.

Dans les économies de marché modernes, les banques centrales contrôlent la création des billets et des pièces de monnaie, mais pas la création de tout l’argent, qui a lieu quand une banque commerciale accorde un crédit. Les banques centrales essayent d’influencer la masse monétaire avec une politique monétaire et des outils de régulation.

La BNS a été fondée en 1891, avec le pouvoir exclusif de frapper la monnaie et d’imprimer les billets. Mais plus de 90% de l’argent en circulation en Suisse est sous forme « électronique », créée par les banques privées plutôt que par la banque centrale.

La campagne Swiss Sovereign Money soutient que c’est « suite à l’émergence des transactions par payement électronique, les banques ont saisi l’opportunité pour recommencer à créer leur argent ».
« La décision prise par le peuple en 1891 est tombée dans l’oubli. »

Ce n’est pas le premier référendum sur des sujets monétaires en Suisse. L’année dernière, le pays a rejeté à plus de 78% une loi pour que la banque centrale augmente ses réserves d’or de 7% à 20%.

Contrairement au vote sur l’or – qui a été perçu comme un signe précurseur du retour de l’étalon-or en Suisse – les économistes ont été plus accueillants pour l’idée de « Monnaie Pleine » pour stabiliser l’économie et éviter un excès de croissance des crédits.

L’Islande – qui a vu son système bancaire s’effondrer spectaculairement en 2008 – a également envisagé l’abolition de la création monétaire privée et la fin du système de réserves fractionnaires.
La date du référendum n’a pas encore été fixée.

 
France social fiscal by ludovic flandin

Le Revenu de Base, enfin la liberé ? – partie 1

source : Baptiste Poisson http://alchimy.info/le-revenu-de-base-enfin-la-liberte

Le spectre du chômage ne nous lâche pas et pire, s’intensifie. L’Insee chiffrait récemment son taux à  10.2% (le plus élevé depuis 1997). 9 millions de français vivraient désormais avec moins de 964€ par mois et feraient donc partis de la catégorie des « pauvres ». Ne serait-il pas temps de changer notre approche du travail et du revenu ?


Dans cette optique, le revenu de base est une idée qui fait son chemin. Il est présenté comme le moyen de lutter contre la pauvreté et l’exclusion. Un sondage Ifop révélait même, en mai dernier, que 60% des Français y étaient favorables. Attardons-nous sur ce qui pourrait être, à l’avenir, le du de la république envers ses citoyens, sans distinction et surtout sans condition. En résumé : une somme perçue par chaque citoyen pour la simple et bonne raison d’être citoyen.

— LE REVENU DE BASE : UNE UTOPIE ?

Le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB) le définit comme « un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement ».

Le revenu de base est bel et bien une utopie. C’est un néologisme grec, forgé par Thomas More en 1516 pour désigner la société idéale qu’il imagine dans son œuvre (en latin) Utopia. Il est traduit en français par « utopie ». C’est une représentation d’une réalité sans défaut qui est décrite, comme un régime politique idéal (qui gouvernerait parfaitement les hommes), sans injustice, une communauté d’individus vivant heureux et en harmonie.

Le Revenu Minimum Garanti, une manière de partager les fruits de notre démocratie de façon plus morale et humaine. Martin Luther King

— QU’EN PENSE LA POLITIQUE ?

En politique, l’utopie, caractérise quelque chose de fictif, d’irréalisable et, souvent, digne de la démagogie. Seulement, depuis Utopia, cet idéal a fait son chemin et n’a jamais été aussi proche de la réalité. L’idée dépasse les courants de pensée et les frontières idéologiques. Keynésiens, libéraux, Marxistes, écologistes, philosophes, psychanalystes, entrepreneurs ou artistes, l’idée ne manque pas de supporters de renom : les prix Nobel d’économie Milton Friedman, James Tobin et Paul Samuelson, Martin Luther-KingAndré Gorz grand penseur de l’écologie politique, Gotz Werner en Allemagne ou encore Thomas Paine.

De plus, le psychologue humaniste américain Erich Fromm y voit, lui, une sécurité matérielle nécessaire pour permettre à chaque individu de s’épanouir pleinement et d’être libre de ses choix. Le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB) avait même interpellé certains candidats aux dernières élections régionales sur le sujet.

Le point commun entre toutes ces théories est que ce revenu doit être universel, inconditionnel et cumulable à tout autre revenu. Le sociologue et économiste français Bernard Friot, lui, va plus loin avec une version marxiste du revenu de base qu’il appelle « Salaire à vie ». Ce salaire à vie fonctionnerait sur le modèle actuel de la rémunération des fonctionnaires. Il explique cette théorie dans son livre L’enjeu du salaire (2012).

— COMMENT FINANCER UN TEL REVENU ?

Le financement d’un revenu de base fait souvent peur aux personnes qui découvrent l’idée. Il y a donc un vrai travail de pédagogie à faire afin que chacun puisse être conscient que ce revenu peut être financé. Il est vrai que le discours officiel ne prête pas à rêver. Les Etats sont endettés et, du fait de l’Union Européenne, ne disposent que de très peu d’outils de financement.

Pourtant, il existe de multiples possibilités. Dans cet article, le MFRB expose 8 approches différentes de financements. Il existe aussi la méthode du financement par le TVA, c’est une méthode libérale, égalitaire mais peu équitable. La TVA étant connue comme l’impôt le plus injuste. Elle est disséquée dans cette vidéo, de manière très simple. La version Marxiste de Bernard Friot est expliquée en 36 minutes dans cette vidéo pour ceux qui n’auraient pas le temps de s’attarder sur son livre :

 

 

Quoi qu’il en soit, peu importe les bords idéologiques, tous sont unanimes sur les fondations nécessaires pour qu’un tel chantier soit possible. D’une part, il faut une simplification de notre système de redistribution qui est devenu, au fil des années, un véritable casse-tête. Les travaux de l’économiste Marc de Basquiat atteste que cette seule idée de bon sens, suffirait à financer un revenu de base aux alentours de 500€ par adulte et 250€ par enfant le tout sans augmenter les prélèvements obligatoires.

Cependant ce n’est qu’une base de départ. Il est vrai que cette mesure ne saurait avoir de sens si elle n’était pas, au minimum, égal au seuil de pauvreté du pays dans lequel elle est instaurée. D’après l’Insee, son montant s’élèverait à 1 002 euros par mois, ce qui correspond à un revenu disponible de 2 104 euros pour une famille composée d’un couple avec deux enfants de moins de quatorze ans. Sachant que réaliser cette simplification de notre système de redistribution signifierait que, sauf cas particulier (handicap, par exemple), ces 500€ par mois constitueraient le seul revenu que l’Etat verserait aux Français (exit le RSA ou les indemnités chômage par exemple). Il faudrait donc trouver le financement supplémentaire pour que ce revenu soit un progrès et non une mesure d’austérité qui baisserait le niveau de vie des plus pauvres.

Vous voulez les pauvres secourus, moi je veux la misère supprimée. V. Hugo

Dans cette optique, une réforme fiscale profonde permettrait de rendre l’impôt plus juste (qui prend plus aux riches et moins aux classes moyennes) et plus efficace contre la fraude ou ce que l’on appelle l’optimisation fiscale. Ces réformes permettraient de tirer toujours un peu plus ce Revenu de Base vers le haut.

Enfin, le manque nécessaire à un revenu minimum permettant de vivre dignement pourrait être financé par la création monétaire. Il est vrai que cet outil est détenu par la Banque Centrale Européenne (BCE), qu’elle est indépendante et qu’elle préfère traiter avec les banques. Nul ne doute que si la BCE décidait de distribuer la monnaie autrement, un revenu de base d’au moins 1 000€ pourrait sans problème être financé. Et le MFRB (http://revenudebase.info ) l’atteste :

« Un tel système permettrait que la monnaie en circulation soit plus permanente, que son volume soit beaucoup plus stable et maîtrisable par la Banque Centrale. En outre, la monnaie étant directement distribuée aux individus qui ont le choix entre la consommer ou l’investir – notamment dans une entreprise personnelle -, elle alimenterait directement l’économie réelle. »

— VERS UNE SORTIE DE L’EURO ?

Seulement, cet organisme ne rend de compte qu’à lui-même et semble très têtu, surtout quand il s’agit de faire les mauvais choix. Dans le cas où ces messieurs dames de Francfort ne voudraient pas se convertir à une autre idéologie que celle qui est la leur depuis leur création en 1998, il existe des solutions. Tout d’abord il y a la solution radicale : une sortie de l’Euro. Sinon, Marc de Basquiat imagine un euro qui serait non plus une monnaie unique mais plutôt une monnaie commune. Il serait complété, dans le cas de la France, par une monnaie complémentaire nationale, émise par la Banque de France, qui ne puisse être dépensée qu’en France et qui ne soit pas convertible en euro. Chaque Français aurait un compte en banque sur lequel chaque mois un revenu de base serait versé sous la forme de cette monnaie. Ce revenu de base assurerait un certain niveau de consommation des Français dans l’économie locale.


Il serait donc possible de supprimer la misère. Ce changement radical de société aurait des répercutions évidentes sur nos modes de vie et sur notre approche de la vie surtout concernant le travail. Dans notre second volet, nous verrons les répercussions économiques et sociales qu’engendrent le revenu de base.

Le Revenu de Base, vers un tournant pour notre société ? – partie 2

Suite de notre premier volet sur le revenu de base où nous avions défini son concept et ses méthodes de réalisations. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à ses répercussions économiques et sociales.


Notre société vit une réelle crise. A la fois sociale et économique. Une économie en panne, un chômage dont la courbe s’envole au lieu de s’inverser, le déclassement et la précarité pour beaucoup de français, la hantise de celle-ci pour ceux qui en sont proche, une protection sociale et des services publics menacés, les signaux d’un avenir radieux ne sont concrètement pas au vert. La jeunesse ne croit plus en l’avenir et encore moins en la politique. Le revenu de base apparaît comme le remède en puissance au virus qui nous touche.

En effet, de par son chômage généralisé, notre société ne fournit plus assez de revenus aux personnes qui y vivent. Cela veut dire qu’il n’y a plus assez de consommation et que ce manque de demande engendre un cercle vicieux. Chômage = Baisse de la consommation = Baisse du revenu des entreprises = chômage, etc… Tout cela nous donne une société pessimiste, qui se replie sur la radicalité, la violence et la défiance de l’autre. Des changements sociétaux semblent s’imposer et d’urgence.

— UNE RÉPONSE HUMAINE À DES PROBLÉMATIQUES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES

Au milieu des années 90, le futurologue Jeremy Rifkin, dans son ouvrage intitulé La fin du travail (1997), imaginait l’avenir dans lequel seule une fine tranche de la population adulte suffirait au bon fonctionnement des industries traditionnelles. Du fait du progrès technique, les usines, les bureaux et les exploitations agricoles sans travailleurs ou presque deviendraient la norme. Ce n’était pas dénué de sens. En effet, le philosophe français Jean-Claude Michéa dans son œuvre «L’enseignement de l’ignorance » affirmait :

En septembre 1995 – sous l’égide de la fondation Gorbatchev – cinq cents hommes politiques, leaders économiques et scientifiques de premier plan , constituant à leurs propres yeux l’élite du monde, durent se réunir à l’Hôtel Fairmont de San Francisco pour confronter leurs vues sur le destin de la nouvelle civilisation. (….) L’assemblée commença par reconnaître – comme une évidence qui ne mérite pas d’être discutée – que dans le siècle à venir, deux-dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale.

Air france DRH pris a parti
Le DRH d’Air France Xavier Broseta et Pierre Plissonnier, DRH du long-courrier,
pris à parti par des manifestants le 5 octobre 2015. – SOLAL/SIPA (source : 20 minutes)

— LE CHÔMAGE COMME UNE SOLUTION ?

Cette idée, est une réponse sociale au chômage de masse et à la pauvreté, qu’engendre le progrès technique. L’idée serait de ne plus voir le chômage comme un problème mais une solution, une porte de sortie. D’ordinaire, face à ce problème moderne, la tendance est à la fatalité. Et ce n’est pas sans raisons. L’entreprise va mal ? On licencie. L’entreprise va bien ? On investit dans l’automation et on licencie.

L’homme est, inévitablement, remplacé par des robots dans le processus de production. Il est vrai qu’un robot ne se plaint pas, ne prend pas de congés, n’est jamais malade et peut travailler 24h/24. La tendance n’est donc pas à l’embauche, mais plutôt à l’automatisation. En cours de sciences économiques et sociales, les élèves de terminale appellent cela la substitution du facteur capital au facteur travail. Marx, malgré ses nombreuses critiques à ce sujet, voyait tout de même le progrès technique comme libérateur pour l’homme du travail par le temps libre que cela lui procure.

« N’écoutez pas ce qu’on vous dit, sachez bien que le travail est une malédiction, mais le pire est bien de ne pas en avoir. » Jean d’Ormesson

Le chômage engendrerait 45 000 suicides par an, selon une étude Suisse menée dans 60 pays du monde. Le cas des cinq salariés d’Air France, accusés d’avoir malmené, au milieu d’une foule de manifestants, deux cadres de la compagnie lors du Comité central d’entreprise du 5 octobre, prouve à quel point les salariés peuvent tenir à leur travail. Pas forcément parce qu’il est épanouissant, mais plutôt pour le revenu qu’il assure et le pain qu’il permet de mettre dans son assiette.

 

— LE REVENU DE BASE, GAGE D’ÉMANCIPATION SOCIALE

Dans ce cas, le revenu de base constitue à la fois un filet de sécurité pour les salariés et en même temps une occasion pour les entreprises de pouvoir réduire le coût du travail sans se faire déchirer la chemise. Le revenu de base permettrait d’inverser le rapport de force et éradiquerait le chantage à l’emploi. La tendance, que décrit Le Monde dans cet article est le retour chez ses parents par manque d’autres possibilités.

Ce revenu représente une émancipation de l’individu avec l’extraordinaire liberté de choix qu’il lui offre. Il incite à de plus longues études pour celui qui en a l’envie et, par la même occasion, un niveau de vie décent aux moins qualifiés d’entre nous. Il permettrait à tout individu de refuser un travail dangereux ou dégradant. Rappelons que chaque année le travail tue environ 500 personnes, 552 sur l’année 2012. Il engendre environ 600 000 accidents. La vie ou la santé ne devraient pas avoir d’équivalence financière. Aussi, avec le revenu universel, nous pourrions supprimer tous les emplois polluants ou néfastes pour l’environnement. Travailler deviendrait un choix.


Le revenu de base constitue une progression de société. Du moins, à la condition qu’il permette de refuser le travail, c’est-à-dire que son montant soit calculé de telle façon qu’il permette de vivre dignement. Ce serait alors un tournant historique de société qui révolutionnerait notre approche du travail et en particulier l’idée que l’on se fait de la motivation au travail. C’est ce que nous allons aborder prochainement dans notre troisième volet.

Le revenu de base, un facteur de motivation au travail ? – partie 3

source : http://alchimy.info/le-revenu-de-base-un-facteur-de-motivation-au-travail-partie-3

Suite et fin de notre volet sur le Revenu de Base. Il apparaît comme un tournant de société qui aurait des impacts majeurs sur notre manière d’envisager la vie. L’heure serait au développement personnel, à la liberté de choix.


C’est l’heure de la liberté des Hommes à disposer d’eux-mêmes. Les nouvelles générations qui arrivent sont décrites comme des générations aspirants à plus de liberté. Une grande enquête sociologique, Génération quoi ?, menée par France 2 sur les 18-34 ans en France, la fameuse Génération Y, nous apprend que les jeunes d’aujourd’hui sont préoccupés par les inégalités et ne croient plus en l’avenir. Cette génération aspire à du neuf, à un second souffle. Le revenu de base est une idée qui est à l’image de cette jeunesse. Les mauvaises langues diront que ces jeunes sont déconnectés de la réalité, qu’ils n’ont pas conscience des contraintes de la vie, qu’ils sont même parfois paresseux.

Kasimir Malevitch, peintre russe, considérait la paresse comme une aspiration légitime propre à tous les hommes. Dans son ouvrage La paresse comme vérité effective de l’homme (1921), il disait :

Le capitalisme et le socialisme ont la même préoccupation : parvenir à la seule vérité de l’état humain, la paresse. C’est cette vérité-là qui se cache au plus profond de l’inconscient mais, qui sait pourquoi, on ne le reconnaît toujours pas, et nulle part il n’existe le moindre système de travail qui ait comme slogan : “La vérité de ton effort est le chemin vers la paresse.” au lieu de cela, ce sont partout des slogans prônant le travail, et il en ressort que le travail est inévitable, qu’il est impossible de l’abolir, alors qu’en fait, c’est à cela que tendent les systèmes socialistes, à soulager du travail les épaules de l’individu. Plus il y aura de gens au travail, moins il y aura d’heures de travail, plus il y aura d’heure d’oisiveté.

Dans le capitalisme, le droit à la paresse n’est réservé qu’à ceux qui ont accumulé de la richesse. Quelle injustice quand on sait que les inégalités de richesse se transmettent et se reproduisent de génération en génération.

Le revenu de base apparaît alors comme un levier pour l’épanouissement de la population. Il permettrait de valoriser les activités non rémunérées et socialement utiles. Il offre une liberté pour chaque personne d’occuper la place qui lui semble la meilleure pour lui dans la société. Un vrai stimulus pour la création : les artistes, les indépendants, les jeunes entrepreneurs, les développeurs informatiques, entre-autres, se verraient plus sereins dans la pratique de leur activité. Les militants associatifs, les bénévoles, les citoyens investis dans la vie de leur quartier, les étudiants, les personnes en recherche d’emploi ou de formation seraient enfin reconnues comme des personnes utiles à la société.

Enfin, ce revenu de base aurait le mérite de donner du sens à notre idéal républicain, Liberté-Egalité-Fraternité, et ce n’est pas rien par les temps qui courent. Le travail perdrait sa place centrale dans le sens de nos existences. C’est du moins ce que pense Paul ArièsIl explique sa remise en cause du travail dans une émission sur Arte sur le thème Sommes nous faits pour travailler ? :

 

 

— QUI IRAIT TRAVAILLER ?

C’est LA vraie question. Celle que les détracteurs de ce revenu inconditionnel soulèvent systématiquement. Tout d’abord, pour ce qui concerne le travail ingrat (nettoyer les toilettes des campings ou ramasser les poubelles par exemple), une hausse des rémunérations les rendraient peut-être un peu moins ingrats, ou alors partager ces taches sur l’ensemble de la population. De plus, dans un sondage relaté dans le récent film (https://www.youtube.com/watch?v=-cwdVDcm-Z0 ) allemand Revenu de base, une impulsion culturelle de Enno Schmidt et Daniel Häni, les deux questions suivantes étaient posées :

Si vous aviez un revenu de base, est-ce que vous iriez encore travailler ? Quand on pose cette question, spontanément :

  • 60% des gens répondent OUI, comme avant
  • 30% des gens répondent OUI, mais plus à plein temps, je ferais autre chose
  • 10% des gens répondent NON, d’abord dormir et après on verra : voyager, s’occuper des autres, reprendre des études

“Si on instaurait un revenu de base, pensez-vous que les autres continueraient à travailler ?” Alors les réponses sont bien différentes : 80% des gens répondent NON, probablement que la majorité des gens ne seraient plus motivés pour aller travailler.
Faites l’expérience autour de vous, posez ces questions à votre entourage. Vous verrez à quel degré nous nous méfions des autres. Ce comportement peut être très dangereux, favorisant l’immobilisme et, de ce fait, portant une réelle atteinte au progrès de nos sociétés.

Cerveau motivation travail

Le choix du Revenu de Base serait le choix d’une société qui tend vers la paix sociale. Je conclue donc ce sujet en citant Jacques Marseille , qui, dans son livre L’argent des Français (2009) stigmatise notre défiance envers l’autre sur le sujet du revenu de base :

« Le pari de l’allocation universelle est que l’insertion sociale ne peut se construire sur la contrainte mais sur la confiance placée dans les bénéficiaires de ce nouveau droit. Une utopie, sans doute, pour tous ceux qui n’accordent aucune confiance aux individus et pensent que seule la contrainte de « gagner son pain à la sueur de son front » est le meilleur garde-fou contre la paresse. Un pari sur l’intérêt et la nature humaine pour tous ceux qui pensent au contraire qu’un individu préférera toujours cumuler ce revenu à un autre salaire, surtout quand ce salaire correspondra à un travail qu’il aura librement choisi. »


Le problème du chômage étant la première préoccupation des français, les résultats de ces dernières élections régionales sonnent comme un cri d’alerte. Le minium pour nos dirigeants serait de faire au moins semblant de s’y intéresser. Notre système, à bout de souffle, ne mériterait-t-il pas un bon petit coup de polish ?

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Date de dernière mise à jour : 11/02/2016