État général des terres (dont sols agricoles) ✪

Qui sont les agriculteurs et combien ils gagnent

source : http://www.franceinfo.fr/emission/expliquez-nous/2015-2016/expliquez-nous-2015-2016-du-03-02-2016-03-02-2016-05-40

Les agriculteurs sont aujourd'hui environ 700.000, entre les propriétaires, les salariés, les saisonniers, soit 3% de l'emploi total en France. Il y a 60 ans, les agriculteurs était plus de six millions et représentaient 30% des emplois du pays.
 
Quant au nombre d’exploitations agricoles, on est passé de 2,3 millions en 1955 à seulement 470.000 en 2013. C'est presque une division par cinq.


 
On est surtout passé de à EXPLOITANTS agricoles business.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la désertification n'est pas l'avancée naturelle du désert, ni le déplacement de dunes de sable.
C'est l'épuisement des terres cultivables sous l'effet de l'activité humaine et des changements climatiques.

Ce n'est pas un processus naturel, c'est la conséquence des actions de l'Homme. Aujourd'hui, un tiers des terres émergées est menacé par la désertification.
Plus d'info : http://www.goodplanet.org/sensibilise... - privé


L'importance et les enjeux de la Déclaration sur les droits des paysans et paysannes et autres personnes travaillant en milieu rural.

Les paysans et paysannes et les autres personnes qui travaillent en milieu rural constituent le plus grand groupe touché par la faim au monde. Des discriminations de toutes sortes en sont la raison. En collaboration avec La Via Campesina, le plus grand mouvement paysan international, et d’autres organisations alliées, l’ONG FIAN plaide pour une convention de droits humains en faveur de ce groupe vulnérable. Cette capsule met en lumière les enjeux de cette convention, appelée « Déclaration des Droits des Paysans ».

Sans paysans, on ne mange pas. Cultivons leurs droits !

Suivez les dernières infos sur les négociations sur le Facebook de FIAN : https://www.facebook.com/fianbelgium.... - privé ou sur le site: http://www.fian.be/ - privé


Voir : globalsoilweek.org
dont le PDF
http://globalsoilweek.org/wp-content/uploads/2015/12/Policy_Asks_English.pdf

source : http://www.encyclo-ecolo.com/Désertification

La désertification constitue aujourd'hui une des causes majeures d’atteinte à l’environnement et constitue souvent une véritable catastrophe écologique aux conséquences multiples et dramatiques pour les populations, la faune et la flore concernées.
 

  • On estime qu’un tiers environ de la superficie des terres émergées du globe, soit environ 4 milliards d’hectares sont menacés de désertification dont 600 millions d’hectares sont en voie de désertification dans le monde. Cela mettrait plus de 250 millions de personnes en difficulté grave.
  • Autre estimation de l'Unesco : près de 5 milliards d'hectares de terres sont fortement dégradés, ce qui correspond à 70% des zones sèches de la Terre... Certains scientifiques estiment que cela ne concernent que 20% des zones sèches.
  • Au total, en environ 20 ans, c'est l'équivalent de la surface agricole des Etats-Unis qui aurait été perdu selon le magazine Géo. (HS Le monde des désert)
  • 24 milliards de tonnes de sols fertiles disparaissent chaque année.
  • Entre 1991 et 2000, les sécheresses ont entraîné la mort de plus de 280 000 personnes; elles représentent 11% de l’ensemble des catastrophes naturelles liées à l’eau. 
  • 41% des terres de la planète sont constitués de zones arides ou semi-arides

33% des terres agricoles du monde dépérissent sous nos yeux

source : https://mrmondialisation.org/un-tiers-des-terres-arables-de-la-planete-sont-menacees
> lesechos.fr / terre-net.fr / fao.org / agrimaroc.ma / lepoing.net / wikipedia.org / PDF du rapport lemonde.fr

Un récent rapport des Nations Unies tire (à nouveau) la sonnette d’alarme. Les terres agricoles ne seraient bientôt plus en mesure de pouvoir nourrir l’ensemble de l’humanité si rien n’est fait. Surexploités, les sols partiraient en poussière à une vitesse anormalement élevée. Un tiers des terres arables de la planète seraient concernées.

Qui doute encore en 2015 des limites du système productif conventionnel ? Pas même l’organisme des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dont le nouveau rapport a de quoi inquiéter. Publié en décembre dernier et bénéficiant d’un relais médiatique relativement faible, le document souligne la détérioration rapide des sols cultivables de la planète. L’étude sur l’État des ressources en sols dans le monde (650 pages), fruit des travaux de quelque 200 scientifiques de 60 pays, met notamment en évidence une série de menaces qui pèsent sur les sols sans lesquels l’humanité ne pourrait survivre. Perte des nutriments, érosion, diminution de la teneur en carbone, imperméabilisation, désertification, urbanisation, changements climatiques, acidification et autres pollutions chimiques, la terre souffre lourdement de l’activité humaine, dans tous les sens du terme.

Le Groupe technique intergouvernemental qui a planché sur la santé des terres mondiales conclut qu’un tiers des terres arables de la planète sont plus ou moins menacées de disparaître. Par ailleurs, la majorité des ressources en sols du monde est dans un état passable, mauvais ou très mauvais. « Leurs conditions empirent bien plus souvent qu’elles ne s’améliorent. » exprime le FAO sur son site. Si l’information fait beaucoup moins de bruit que le changement climatique, les répercussions d’un manque d’ambition décisionnel face à la problématique pourrait s’avérer fatales. On parle à terme d’un risque de famine pour l’humanité et une aggravation de la pauvreté. En effet, ces changements de la constitution des sols conduisent, dans le meilleur des cas, à leur réaffectation. Dans le pire des cas, ces terres deviennent impropres aux usages agricoles. Au-delà de la baisse de productivité que représente le phénomène, ces terres perdent leur rôle de puits de carbone, sans même parler du manque à gagner pour la biodiversité (phénomène d’effondrement des passereaux). Si cette projection des chercheurs devait se réaliser, les pertes humaines risquent d’être colossales.

Une étude publiée en 2000 par l’Université du Minnesota estime que le monde perd 100 000 km2 de terres arables chaque année. Le rapport de la FAO indique quant à lui une perte annuelle de 25 et 40 milliards de tonnes de l’épiderme de la planète.

Ceci se déroulant dans un contexte où la demande mondiale en nourriture augmente en flèche. Selon une projection 2009 de l’INRA-CIRAD, le besoin de nouvelles terres arables en 2050 devrait être de 590 millions d’hectares. Comment y répondre si les terres se raréfient ? Si l’étude se penche exclusivement sur l’état des sols, l’agriculture chimique et intensive génère une foule d’externalités négatives : diffusion dans l’air de N2O, acidification des océans, développement incontrôlé d’algues, pollution des nappes phréatiques, pour ne citer qu’elles.

Il reste de l’espoir

La FAO se veut pourtant optimiste. « Employons-nous à promouvoir une gestion durable des sols ancrée dans la bonne gouvernance et des investissements rationnels. Ensemble, nous pouvons défendre la cause des sols. », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, à l’occasion de la Journée mondiale des sols le 4 décembre dernier. En effet, la « bonne nouvelle » c’est qu’il n’est pas trop tard pour restaurer l’intégrité des sols. Les pays qui prendront l’initiative de promouvoir des pratiques de gestion durable et l’utilisation de technologies appropriées peuvent éviter la baisse annoncée de la productivité. Mais ceci implique une profonde réforme dans notre manière de concevoir l’agriculture. Est-ce seulement envisageable quand les syndicats industriels, telle que la FNSEA en France (présidée par Xavier Beulin, également PDG de Sofiprotéol-Avril, géant de l’agroalimentaire), encouragent l’augmentation de la productivité (et non la réduction des gaspillages et de la pression de l'élevage), luttent pour une baisse des réglementations qui brime cette productivité et continuent de défendre les techniques de monocultures intensives gourmandes en engrais chimiques.

Peu importe, la FAO conseille une action en 4 points essentiels pour sortir de cette crise et relancer l’activité biologique des sols :

  • « Atténuer la dégradation des sols et restaurer la productivité des sols déjà dégradés dans les régions où les populations sont les plus vulnérables ;
  • stabiliser les stocks mondiaux de matière organique des sols, y compris le carbone organique et les organismes du sol ;
  • stabiliser ou réduire le recours aux engrais azotés et phosphatés,
  • tout en accroissant  l’utilisation des engrais dans les régions manquant de nutriments et améliorer nos connaissances sur l’état et les tendances des conditions des sols. »

Si l’organisation n’évoque pas explicitement l’agriculture biologique, elle incite les gouvernements à imposer des taxes dissuadant les pratiques néfastes comme « le recours excessif aux engrais, aux herbicides et aux pesticides. » Le message est clair, mais est-il entendu ?

Soucis de taille, moins les terres sont fertiles, plus les exploitants sont tentés de compenser les pertes par des méthodes chimiques qui « boostent » artificiellement la fertilité. Le serpent se mord rapidement la queue, ralentissant le processus de transition au bénéfice d’une autre industrie, chimique cette fois. De l’autre côté du miroir, une "agriculture raisonnée" fait son bout de chemin, tout en restant marginale. L’agriculture d’aujourd’hui apparait donc définitivement divisée entre la paysannerie, productrice d’une alimentation écologique, locale et diversifiée, et l’agriculture conventionnelle, dépendante des intrants chimiques et dont le seul objectif est d’augmenter la productivité de ses monocultures afin de fournir l’agroalimentaire. Si nul ne peut prédire l’avenir, il semblerait que les études scientifiques nous invitent à embrasser une transition agricole aussi vite que faire se peut.

La fertilité des sols part en poussière

source : Paul Molga http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/021608908597-la-fertilite-des-sols-part-en-poussiere-1191186.php

Moins productives et moins nombreuses, les terres arables ne suffiront bientôt plus à nourrir l’humanité. Un nouveau rapport des Nations unies donne l’alarme.

Au cours des cent dernières années, un milliard d’hectares de terres fertiles, l’équivalent de la surface des Etats-Unis, se sont littéralement volatilisés. Et l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’inquiète de l’avenir des surfaces restantes. Dans un rapport de 650 pages, publié en décembre à l’occasion de la clôture de l’Année internationale des sols, elle constate qu’un tiers des terres arables de la planète sont plus ou moins menacées de disparaître. « Si rien n’est fait, explique son directeur José Graziano da Silva, c’est la production vivrière et la sécurité alimentaire de l’humanité qui pourraient être compromises. »

A l’instar du Giec pour le climat, le rapport compile les travaux de plus de 200 scientifiques spécialisés de 60 pays. Leur constat est accablant : entre 25 et 40 milliards de tonnes de l’épiderme de la planète sont emportés chaque année à cause de l’érosion, du tassement, de la perte de nutriments et de biodiversité, de l’acidification, des pollutions, de l’engorgement ou encore de la salinisation. Epaisse de 30 cm en moyenne, cette couche féconde est un formidable réacteur biologique qui abrite d’intenses échanges biologiques et physico-chimiques, et rend d’immenses services. Elle fournit les éléments indispensables à la croissance végétale, filtre l’eau, contrôle l’alimentation des nappes souterraines, régule le cycle du carbone et de l’azote et constitue l’habitat de près de 80 % de la biomasse ! « C’est le milieu le plus riche de notre environnement », résume le microbiologiste Claude Bourguignon, fondateur du Laboratoire d’analyse des sols. C’est aussi l’un des plus fragiles, constitué au terme d’un processus d’altération et de dégradation extrêmement lent de la roche :

  1. tout d’abord, le lichen s’installe ;
  2. puis des insectes viennent le manger et déposent déjections et débris de toutes sortes.
  3. Les graminées peuvent alors y prendre racine.
  4. Elles attaquent la surface de la roche, fabriquent de la matière organique qui va se décomposer.
  5. Au fil des saisons, une plaque de terre se constitue.
  6. Deux mille ans plus tard, si elle n’est pas lessivée ou soufflée, elle peut s’épaissir d’un bon centimètre.

Sel et polluants chimiques

Mais un rien suffit à balayer ce travail. Les scientifiques s’inquiètent en particulier des dégâts croissants de l’érosion. Pas moins de 17 % des terres en sont victimes, et le phénomène touche chaque année jusqu’à 90.000 hectares de plus, rongés par les mauvaises pratiques agricoles, l’urbanisation et la pression climatique. « Le rythme est désormais supérieur à celui de la pédogénèse, processus par lequel se forment les sols », alerte l’agronome Dominique Arrouays, à la tête du GisSol, le groupement d’intérêt scientifique qui coordonne le programme d’inventaire de l’état des sols en France. Partout où ces phénomènes gagnent, les équilibres s’effondrent et les sols menacent de disparaître. En Europe, cette dégradation touche déjà 33 millions d’hectares, soit 4 % des terres arables.

Outre l’érosion, l’appauvrissement en matière organique est l’autre menace qui pèse sur la fertilité. Depuis les années 1950, la teneur des sols en nutriments et en humus, l’engrais naturel des plantes, a baissé d’un tiers, selon les observations du GisSol. En cause : les pratiques agricoles. « En retournant profondément les sols, les labours perturbent la vie souterraine et les échanges biochimiques, décrit Claude Bourguignon. Les gaz carboniques s’échappent, la matière organique qui s’en nourrit se réduit, la faune disparaît et avec elle le mécanisme d’ascenseur qui brasse nutriments et minéraux. Résultat : l’humus est balayé par les eaux, tandis que l’argile, où se concentre le garde-manger des plantes, laisse place à une simple boue gluante. » Selon le GisSol, près de 40 % des surfaces agricoles françaises présentent ce risque de tassement irréversible.

Le processus peut être extrêmement rapide. Au Brésil, par exemple, la dégradation des sols a pris moins de quatre siècles, avec une érosion multipliée par quatre lors des cinquante dernières années, et des pertes atteignant aujourd’hui 3 milliards de tonnes de terres par an, selon les estimations de la FAO. Les engrais n’y changent rien : épuisées, les terres perdent leur productivité. À l’échelle mondiale, les rendements ont augmenté de 3 % entre 1950 et 1984, de 1 % jusqu’en 1995 et stagnent ou se réduisent depuis.

L’accumulation du sel, en partie liée à la surexploitation des sols, et de polluants chimiques finit ce travail de sape. « La salinité provoquée par l’homme concerne 760.000 km2, une superficie plus vaste que l’ensemble des terres arables du Brésil », dévoile la FAO. Dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, où elle est la plus forte, le rendement des cultures est passé de 5 à 0,5 tonne à l’hectare, provoquant une perte économique annuelle d’au moins un milliard de dollars. Dans les pays les plus développés, les contaminants toxiques sont à la manœuvre dans des proportions qualifiées par les chercheurs d’« anormales à inquiétantes ». Ici, des bidons suintants d’arsenic abandonnés à l’air libre ou sommairement enterrés ; là, des ruisseaux contaminés au mercure, au molybdène, au thallium ou au chrome ; là encore, des prairies s’engraissant de montagnes de déchets… Rien qu’en France, il y aurait 300.000 friches industrielles polluées dégazant leurs toxiques ou répandant leurs poisons dans les sols et les nappes phréatiques. « On a par exemple pu mettre en évidence que le lindane, un insecticide interdit depuis 1998, est présent dans tous les sols, y compris là où il n’a pas été épandu », indique Dominique Arrouays. En Chine, le ministère de l’Environnement vient de reconnaître que 19,4 % des terres arables du pays sont contaminées.

Ce processus n’est peut-être pas irréversible, estiment cependant les chercheurs. Avec des semis directs, la réhabilitation des haies, l’amendement des sols dégradés grâce à des légumineuses de couverture, ou encore l’adjonction de bois fragmenté comme compost organique, ils estiment possible de relancer l’activité biologique. « Le contrôle de la dynamique microbienne des sols sera sans doute le moyen le plus efficace de sauver ces terres, même les plus abîmées, en leur fournissant les moyens de doper naturellement leur fertilité », estime Dominique Arrouays. Il y a urgence : les sols stérilisés par la pollution couvrent 220.000 km2, dont près de 90 % en Europe.

Plus d'un milliard de personnes vivent des zones humides...

source : http://www.worldwetlandsday.org/fr

Les moyens d'existence dépendant de la pêche, de la riziculture, des voyages et du tourisme, ainsi que l'approvisionnement en eau : tout cela dépend des zones humides.  Et pour nous, les zones humides sont vitales à bien d'autres égards. Elles abritent des formes de vie extrêmement diverses, protègent nos littoraux, agissent comme des éponges naturelles pour absorber les crues des rivières et stockent le dioxyde de carbone pour réguler les changements climatiques.

Malheureusement, les zones humides sont souvent considérées comme des espaces perdus et plus de 64% d'entre elles ont disparu depuis 1900.
Permettre aux populations de vivre décemment et garantir que les zones humides continuent de fournir leurs avantages essentiels ne doivent pas être des objectifs contradictoires!

Aidez-nous à éveiller les consciences à l'importance des zones humides.

Manifeste pour la sauvegarde des terres agricoles contre l'épuisement, de bétonnage et d’accaparement

source : http://www.reporterre.net/Manifeste-pour-la-sauvegarde-des-terres-agricoles
pdf : https://drive.google.com/a/terredeliens.org/file/d/0B_YvJcIKM8SuNkFqbXdTUnZhSE0/view?pref=2&pli=1

En voie d’épuisement, de bétonnage et d’accaparement, les terres agricoles, en France comme dans le reste du monde, sont menacées et leur disparition serait un drame pour l’humanité. Les signataires de ce manifeste lancent une alerte et donnent des pistes pour remédier à cette situation préoccupante mais sans fatalité.

L’association Filière paysanne (Bouches-du-Rhône), le collectif Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), l’association Novissen (Somme), le collectif Sauvegarde de la zone humide du Testet (Tarn) et le collectif Terres fertiles de Sainte-Colombe-en-Bruilhois (Lot-et-Garonne) sont à l’initiative de cet appel. La liste des signataires est disponible ici.

Retrouvez ici le manifeste avec la liste, à la fin, de ses signataires.


Les terres agricoles sont soumises à deux facteurs combinés de détérioration physique :
1. l’artificialisation par bétonnage, goudronnage, compactage et mitage (urbanisation éparpillée) ;
2. l’épuisement des sols : perte de fertilité par surexploitation agricole, érosion, désertification, salinisation, contamination, pollutions diverses.

La réduction croissante des surfaces qui en résulte, ainsi que la baisse de la fertilité des sols, a de graves conséquences à la fois économiques, sociales et écologiques :
- augmentation préoccupante de la dépendance agricole et alimentaire de nombreux pays, du Sud comme du Nord, vis-à-vis des marchés internationaux ;
- baisse de la capacité des sols à stocker le carbone sous forme de matière organique et à lutter contre le réchauffement climatique ;
- augmentation du ruissellement de surface et des phénomènes d’inondation et d’érosion ;
- limitation des infiltrations pluviales, de la régénération des nappes phréatiques et de la filtration naturelle des eaux ;
- perte de biodiversité sauvage, cultivée et élevée ;
- perte de patrimoines paysagers qui façonnent profondément la culture des territoires
.

Cette raréfaction globale des sols entraîne, par ailleurs, un effet induit très inquiétant. Il s’agit de l’accaparement des terres les plus fertiles par des acteurs privés, voire par certains États qui souhaitent s’assurer un accès durable à cette ressource vitale au-delà de leurs frontières. Ce phénomène accélère encore la perte de souveraineté alimentaire dans de nombreuses régions, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner en termes de tensions sociales et géopolitiques.

L’ampleur du phénomène et la nécessité d’agir vite

La France est fortement touchée même si, en apparence, on voit beaucoup de vert, de champs et de forêts entre chaque ville. Dans les faits, l’artificialisation a fait disparaître entre 40.000 et 90.000 ha de surfaces agricoles par an entre 2000 et 2014 [1]. Cela équivaut à la surface moyenne d’un département tous les 7 ans, à un stade de football toutes les 5 minutes, ou un potager de 25 m2 toutes les secondes.

Au niveau européen, les chiffres sont également très préoccupants. Entre 1993 et 2003, 770.000 ha de terres agricoles ont disparu en moyenne chaque année (soit l’équivalent du département du Cher), ce qui rend l’Europe de plus en plus dépendante de l’extérieur sur le plan alimentaire. En 2008, le déficit entre import et export agricoles correspondait déjà à près de 20 % de la capacité de production de l’Union en termes de surfaces agricoles [2].

À l’échelle mondiale, ce phénomène est encore plus inquiétant avec près de 20 millions d’hectares artificialisés par an selon les chiffres officiels de la FAO [3]. Ce gaspillage irréversible des sols affecte essentiellement les terres arables situées dans les plaines et les deltas, où se concentre prioritairement l’urbanisation. En France comme ailleurs, l’urbanisation se fait toujours sur les meilleures terres qui entourent les villes historiques.

Si ce rythme se maintient, 1,5 milliard d’hectares supplémentaire sera urbanisé au cours des 100 prochaines années, soit l’équivalent de la totalité des terres arables dont dispose actuellement l’humanité.

La disparition de ces vastes étendues, combinée à l’augmentation de la population mondiale, ne peut qu’encourager la multiplication des crises alimentaires qui touchent déjà de nombreux pays. Cela risque de fragiliser différents États, d’accélérer encore les stratégies d’accaparement de terres et d’amplifier les tensions géopolitiques qui menacent le fragile équilibre mondial. Selon le site international Land Matrix, près de 40 millions d’hectares seraient déjà accaparés dans le monde, mais cette estimation serait incomplète selon certains experts français [4] qui parlent de 80 millions d’hectare à ce jour.

Banlieue pavillonnaire Etats-Unis

Une banlieue pavillonnaire aux États-Unis.

Mine de lignite de garzweiter - Allemagne

La mine de lignite à ciel ouvert de Garzweiler, en Allemagne.

Des solutions existent pour stopper ce gaspillage irréversible des terres agricoles

Ce phénomène n’est pas inexorable. Depuis 1978, le Québec a mis en place la loi du zonage agricole et a délimité les zones réservées à l’agriculture de façon durable. Il faut préciser que ce vaste territoire dispose cependant d’un stock limité de terres arables essentiellement situées autour du fleuve Saint-Laurent, où se développe l’urbanisation. Toute diminution de cet espace est depuis soumise à l’autorisation préalable d’une commission indépendante et décisionnelle dont l’action s’avère efficace. La surface agricole du territoire (6,3 millions d’hectares) n’a ainsi pratiquement pas diminué depuis 37 ans, ce qui n’a nullement empêché le développement économique et social du Québec.

Depuis 2012, la France a mis en place une mesure analogue dans ses collectivités d’Outre-Mer soumises à une très forte artificialisation des terres agricoles. Cette politique volontariste donne déjà des résultats reconnus par les services d’État, la profession agricole, les élus locaux et les acteurs de l’environnement ultramarins. Le taux d’artificialisation des terres agricoles a globalement été divisé par deux en moins de trois ans. Les pays d’Europe du Nord ont également adopté des mesures foncières courageuses et efficaces [5]. On observe ainsi que, là où il existe une réelle volonté politique de préserver les terres agricoles, les actions qui sont engagées donnent des résultats concrets. Il n’y a donc aucune fatalité dans ce domaine et les nations ont clairement le pouvoir d’agir.

Concernant la lutte contre l’épuisement des sols, les recherches et les politiques qui ont été mises en place dans différents pays pour y développer l’agroécologie prouvent que celle-ci est une solution viable sur le plan agronomique, économique, social et environnemental. Le précédent rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation a précisé, pour sa part, qu’il s’agissait du seul modèle agricole capable de nourrir à long terme la population humaine.

L’accaparement des terres agricoles est, quant à lui, permis par le droit (et parfois l’absence de droit) foncier en vigueur dans chaque État. Il est également lié aux accords juridiques, financiers et commerciaux qui ont été mis en place à plus grande échelle. Les gouvernements ont donc la possibilité d’agir dans ce domaine au sein de leurs territoires respectifs et les institutions internationales (Banque mondiale, FMI, OMC, ONU, organisations régionales...) doivent les appuyer sur ce point.

La FAO a déclaré 2015 comme « Année internationale des sols » afin d’alerter la communauté internationale sur les conséquences de leur disparition. Les scientifiques ont récemment démontré que leur préservation et l’augmentation de leur teneur en matière organique peuvent permettre de fixer d’importantes quantités de carbone atmosphérique. Cette fonction a le double avantage de lutter contre le dérèglement climatique et de favoriser la fertilité naturelle des sols. La prise de conscience de cette précieuse fonction doit amener son développement, en évitant toutefois que cela n’autorise le droit de polluer pour d’autres secteurs de l’économie par l’instauration d’un marché du carbone, ainsi que la multiplication des achats spéculatifs de terres dans les décennies à venir.

Les inondations qui se multiplient en France comme ailleurs, avec des conséquences dramatiques, peuvent également être combattues grâce à la préservation, voire à la reconquête, des sols perméables sur les surfaces bétonnées et bitumées. Leurs fonctions d’infiltration et d’éponge apparaissent clairement comme essentielles.

Nos dirigeants possèdent donc tous les arguments et tous les leviers pour agir dans ce domaine.

Les mesures à prendre d’urgence pour protéger les terres agricoles :

- 1. Mettre en place, dans chaque pays, des politiques de préservation foncière efficaces pouvant s’appuyer sur l’expérience positive du Québec.

En France, le président François Hollande a pris des engagements clairs lors des conférences environnementales de 2012, 2013 et 2014, visant à « stabiliser l’artificialisation des terres agricoles d’ici 2025 » (soit dans 10 ans). Selon l’Observatoire national de la préservation des espaces agricoles, cette artificialisation reste cependant considérable avec près de 60.000 hectares par an à ce jour.

Face à ce profond décalage, nous demandons au président :
- de prononcer au plus vite un moratoire national afin de suspendre les projets d’urbanisation ou d’infrastructures en cours sur ces précieux espaces, de repenser l’aménagement du territoire et d’atteindre les objectifs fixés pour 2025 ;
- de renforcer la démocratie locale et les procédures de concertation publique au sein des territoires, suite aux engagements pris par le président de la République en novembre 2014 et aux travaux de la commission du sénateur Alain Richard qui en ont découlé au printemps 2015.

- 2. Améliorer les pratiques agricoles dans le cadre de la transition agroécologique en cours.
Les États peuvent agir en mettant en pratique les recommandations produites par le précédent rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation en décembre 2010 devant le Conseil des droits de l’homme.

- 3. Bloquer les processus d’accaparement de terres au Sud comme au Nord.
Les États peuvent agir en se dotant d’outils de protection juridique réellement adaptés. Les grandes institutions (organisations régionales, ONU, Banque mondiale...) doivent, quant à elles, accompagner cette évolution urgente du droit à l’échelle internationale.


[1Rapport de l’Observatoire national de la préservation des espaces agricoles (Oncea) datant du 15 mai 2014.

[2«  EU Agricultural Production and Trade  » (Harald von Witzke (Humbolt University Berlin), Steffen Noleppa (Agripol).

[3Chiffres communiqués le 6 décembre 2013 par Dominique Arrouays, président de l’Association française pour l’étude du sol (Afes) et expert auprès de l’organisation de l’ONU pour l’Alimentation (FAO).

[4Hubert Cochet et Marc Dufumier.

[5Commentaire exprimé par Frédéric Denhez, auteur du livre Cessons de ruiner notre sol  ! édité chez Flammarion en octobre 2014.

ÉTUDES : GisSol » une plate-forme web pour accéder à toutes les informations sur les sols français

source : Déborah Paquet http://www.actu-environnement.com/ae/news/gissol-web-informations-sols-francais-24945.php4#xtor=ES-6

L'Institut national de la recherche agronomique a annoncé le 8 juillet 2015 la mise en ligne d'un site internet dédié aux sols français, www.gissol.fr. Il est administré par le Gis Sol, groupement d'intérêt scientifique en charge du système d'information sur les sols de France. Le site vise à sensibiliser le public à la préservation des sols et à leur gestion durable. Le sol est en effet au cœur des enjeux de sécurité alimentaire, de préservation de la biodiversité et de lutte contre le changement climatique.

Le site se divise en cinq thèmes. Il traite de la diversité et des propriétés des sols en France, de leur dégradation (érosion et pollution), de leur lien avec le climat (notamment ses émissions de gaz à effet de serre) ; et aussi des sols comme supports de l'exploitation forestière et agricole, et des sols dans le cycle de l'eau.

La plate-forme compile des publications scientifiques, des cartes et notices pédologiques, des rapports et guides ainsi que des fiches pratiques. Elle centralise également l'accès à des outils tel que Indiquasol, qui permet de visualiser les indicateurs de qualité des sols.

Synthèse sur l’état des sols de France - 2011 http://www.gissol.fr/publications/rapports/synthese-resf-869

Rapport sur l’état des sols de France - 2011 http://www.gissol.fr/publications/rapport-sur-letat-des-sols-de-france-2-849


source : Déborah Paquet http://www.actu-environnement.com/ae/news/sols-agricoles-forestiers-stock-carbone-changement-climatique-22284.php4

L'Ademe a publié une brochure sur les sols agricoles et forestiers comme espaces de stockage du carbone. Elle se base sur les données issues du groupement d'intérêt scientifique Sol (GIS Sol) et les travaux de l'Inra qui démontrent la place importante du sol dans la lutte contre l'effet de serre. Sa cible ? les gestionnaires des territoires, les décideurs, les agriculteurs et les forestiers.

Selon les auteurs, les sols stockent, sous forme de matières organiques, deux à trois fois plus de carbone que l'atmosphère. Le document recommande donc de limiter les pertes liées au retournement des terres et d'accroître le stockage en promouvant des pratiques agricoles et sylvicoles adaptées, et plus particulièrement l'agro-écologie.

L'Ademe définit plusieurs leviers d'action : maîtriser le changement d'affectation des sols notamment en limitant l'artificialisation, raisonner l'intensification des prélèvements forestiers et agir sur les entrées/sorties de matière organique dans les sols agricoles. Les auteurs présentent également les outils permettant de mesurer les résultats des actions menées sur les sols. Le document de 30 pages est rythmé par le témoignage d'experts des organismes publics (ministère de l'Ecologie, de l'Agriculture, Ademe), des instituts de recherche (Inra, IRD, institut du végétal) et des établissements d'enseignement (AgroParistech, LaSalle Beauvais).


Autre bonus :

PDF (anglais) Menaces des terres en Europe : statut, méthodes, pilotes et effets sur les services de l'écosystème :

Récapitulatif Labourage des sols + documentaire Pesticides par Cash Investigation

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Date de dernière mise à jour : 10/02/2016