Permaculture, agroécologie et agroforesterie ? ✪

« Soigneurs de terres », documentaire France2

voir ABSOLUMENT cette vidéo du 13h15 (France 2) parfait résumé de 40 min : http://mobile.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/13h15-du-dimanche-31-janvier-2016_1283737.html

 

Soixante-dix ans d'agriculture industrielle intensive ont épuisé les sols français. Les rendements baissent et les bonnes terres réduisent comme peau de chagrin. Produits chimiques à gogo et labours agressifs les font disparaître hectare après hectare. Et si la France, vieux pays agricole, se couvrait de champs devenus infertiles dans le prochain quart de siècle ?

La valeur nutritionnelle des fruits, légumes et céréales diminue au fil des traitements à répétition qui leur sont infligés au nom de la "productivité et de la rentabilité". Et si la culture paysanne et les pouvoirs publics, contre l'avis de puissants lobbies, changeaient en profondeur pour mettre un terme à ce désastre agricole, sanitaire et environnemental ? Certains pionniers sont déjà au travail pour inverser la tendance. 

Le choix de l’agro-écologie

Le magazine "13h15 le dimanche" (Facebook, Twitter, #13h15) diffusé sur France 2 a rencontré les "médecins des sols" Claude et Lydia Bourguignon. Ces biologistes affirment que "l'agriculture conventionnelle est un massacre pour les sols… Elle anéantit leur fertilité". Ils trouvent des remèdes pour soigner les terres exsangues. Jean-Christophe Bady, "repenti" de l'agriculture intensive, n'utilise ni engrais ni pesticides pour des raisons de santé et fait le choix de l’agro-écologie… sans recevoir d'aide de l’Etat.

Emmanuelle Chartoire, Clément Montfort, David Geoffrion et Mathieu Houel ont suivi le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, pour qui le modèle agro-écologique n’a que des avantages : plus sain, moins cher, durable et même plus productif ! Le maraîcher normand Charles-Hervé Gruyer exploite depuis une dizaine d'années une ferme agro-écologique de pointe, au rendement dix fois supérieur à celui d’un maraîcher classique. Les pionniers du changement sont déjà à l'œuvre, aux petits soins du bien commun des hommes, la Terre.

Nos ancêtres ont créé, dans l’Amazonie précolombienne, l’un des sols les plus fertiles qui soit

source : http://rue89.nouvelobs.com/blog/seme-qui-peut/2016/01/16/ce-quune-annee-cultiver-mon-jardin-et-lire-vos-commentaires-ma-appris-235179

Sous un article où j’expliquais ma volonté de créer du sol dans mon jardin, Enki partageait ses connaissances sur la terra preta. Il s’agit d’un « sol épais et sombre », que des archéologues ont décrit [PDF] dans plusieurs sites de l’Amazonie brésilienne, à proximité de l’actuelle ville de Manaus. Cette terre est à la fois extrêmement fertile, très riche en migro-organismes et capable de se regénérer [PDF] très rapidement.

Son secret ? Entre - 800 et 500, des hommes ont incorporé dans le sol du charbon de bois, des végétaux et des tessons de poterie. Ce système inspire aujourd’hui bon nombre de ceux qui s’inquiètent de la dégradation accélérée des sols.

[...] Le formateur estime même que certains font des buttes alors que ce n’est pas utile :

« L’idée, c’est de créer du sol rapidement, surtout si votre terre est mauvaise, gorgée d’eau, un peu trop argileuse. Si ce n’est pas le cas, ce n’est peut-être pas utile. La philosophie de la permaculture, c’est d’adapter des idées à votre situation, elle ne donne pas de modèle clé en mains. »

Pour ma part, j’ai opté pour une solution adaptée à ma situation de locataire d’un jardinet au sol très mauvais, en ville, non loin de la Seine. J’ai enterré à l’automne dernier une grande quantité de bois mort trouvé en forêt et j’ai recouvert le tout pour en faire une mini-planche plutôt qu’une butte. Huit mois plus tard, tomates, courgettes et potiron ont l’air heureux.

Un outil de revitalisation des sols ayant été cultivés avec pesticides

Selon un certain nombre de scientifiques, les sols, dans de nombreux pays du monde, seraient morts. La sur-utilisation des pesticides et la culture intensive en sont les causes.

Pour endiguer cette mort des sols, le compost et le fumier peuvent être répandus sur les sols mais les produits chimiques doivent être interdits.

Enfin, les variétés de légumes hybrides sont plus fragiles que les anciennes variétés de nos grands-mères, qui demandent moins d'irrigation. Celles-ci, bien associées avec d'autres plantes ou arbres, légumes, fruits ou condiments, sont parfaitement rentables et leur croissance est même plus forte que les hybrides. Les besoins en pesticides sont alors nuls et en irrigation beaucoup moins importants.

Soja sobre trigo
Semis direct (non labour) de soja sur une céréale

La différence entre permaculture et agroforesterie ?

source : http://transition.vraiforum.com/t105-Permaculture-et-agroforesterie.htm

La permaculture est indiquée pour la production d'un jardin familiale ou d'une AMAP.
L'agroforesterie est plus pour une agriculture professionnelle sur de plus grandes surfaces.

La permaculture est un mode cultural qui se veut durable et permanent. L'usage de buttes et l'abandon de la fertilisation aux engrais pétrochimiques remplacer par des engrais organiques (intérêt de faire des toilettes sèches). Une couverture du sol permanente avec du BRF (Bois Raméale Fragmenté), et des cultures successives permet de lutter contre les mauvaises herbes invasives, et supprime le recours aux pesticides chimiques. La permaculture élimine le bêchage et le sarclage, l'aération du sol est pratiqué par les vers de terre qui reviennent en masse dans un sol plus propre.

La différence de l'agroforesterie avec la permaculture est que l'agroforesterie utilise des plantes annuelles comme des céréales ou des légumineuses en association avec des arbres en rangs, espacés de parcelles agricoles. L'idée est de créer une symbiose entre les deux cultures pour en augmenter les rendements, ainsi les arbres et les plantes annuelles profitent l'une de l'autre et multiplie les productions sur une même parcelle. En agroforesterie les bandes de culture céréalière sont labourées, pas en permaculture.


La permaculture et l'agroforesterie partent de conceptions radicalement opposées, et recherchent des buts différents, mais je suis convaincu qu'à long terme, les deux disciplines sont destinées à se rejoindre.

La permaculture cherche à développer une agriculture vivrière, alors que l'agroforesterie cherche à améliorer l'agriculture intensive, en l'intensifiant encore d'avantage.
La permaculture ne recherche pas la productivité maximale, mais plutôt la diminution de l'nrj dépensée, en travail ou en fossile, par la pérennisation de l'agriculture, l'enrichissement de l'humus et de la biodiversité  ; par contre, par ses techniques diminuant l'nrj, elle obtient une intensification de la productivité. L'agroforesterie recherche une augmentation de la productivité, et, par ses méthodes d'intensification, obtient une diminution de l'nrj nécessaire, et un enrichissement de l'humus et de la biodiversité.

Si on fait le même parallèle entre le non-labour ou les techniques culturales simplifiées (TCS), les buttes autofertiles et le forest-gardening, le semis sous couvert et la fertilisation animale, le meulching et les toilettes sèches, la rotation des cultures et les associations, etc., au final, on obtiendra une agriculture légèrement mécanisée, très peu gourmande en intrants, diversifiée et intensifiée, où se combinent arbres en lignes, cultures sur buttes, rotations animales, couvert permanent, arbres nourriciers et habitats légers sur place.

A noter également que les tests effectués par l'INRA de Montpellier, qui est à l'origine de l'agroforesterie, montrent qu'un ha cultivé en céréales planté de 50 arbres est autant productif qu' 1.3 ha, cultivé séparément en 1 ha de céréales, et 0.3 ha d'arbres.

L’Agroforesterie

source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Agroforesterie

L’agroforesterie est un mode d’exploitation des terres agricoles associant des plantations d'arbres dans des cultures ou des pâturages.

Le mot dérive d'un néologisme anglophone (« agroforestry ») apparu dans les années 1970. Il s’agit d’un terme moderne ayant un usage proche de la complantation, technique culturale traditionnelle.

Pour ce type de cultures associées, trois configurations principales existent, éventuellement complémentaires :

  • cultures d'arbres (en rangs, en quinconce…) espacés au sein de parcelles agricoles labourées et cultivées de manière pérenne
  • implantation de cultures (pérennes ou non) dans des clairières, ou sous les arbres de parcelles boisées qui ont été éclaircies
  • silvopastoralisme, faisant cohabiter arbres et animaux domestiques.

Les moyens de l'Agroécologie*

source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Agroécologie

L'agroécologie propose avant tout des systèmes de production agricole basés sur les processus alors que l'agriculture industrielle issue de la Révolution verte pense la production à partir des intrants. Elle est l'occasion de renouer avec la maxime d'un des premiers agronomes de France, Olivier de Serres, qui écrivait en 1600 dans son Théâtre d'Agriculture et mesnage des champs :

« Pour contrôler la Nature, il faut lui obéir ».

Les principales pratiques agroécologiques sont :

  • Accroissement de la biodiversité en évitant les monocultures qui ont besoin d'intrants en énergie, pesticides et engrais. Le recyclage et l'intégration d'animaux sont également au centre des préoccupations des agriculteurs pratiquant l'agroécologie.
  • Le travail du sol qui respecte sa structure, son ordre naturel et ne bouleverse pas le siège des divers micro-organismes dans les horizons du sol. Un couvert végétal quasi permanent est recherché pour limiter l'érosion et structurer le sol. Des techniques comme le non labour ou le paillis sont encouragées.
  • Économie et optimisation de la consommation d'eau et de l'irrigation par une meilleure compréhension de l’équilibre terre/eau.
  • Source d'énergie mécanique ou animale pour éviter le gaspillage d'énergies et les équipements coûteux, sans nier le progrès mais en l'ajustant aux réalités.
  • Aménagements pour lutter contre l'érosion des surfaces (diguettes, microbarrages, digues filtrantes) et utiliser les eaux de pluie, recharger les nappes phréatiques.
  • Reboisement des terrains non utilisés pour produire des sources de combustibles, une pharmacopée naturelle, l’art et l’artisanat, la nourriture humaine et animale, la régénération des sols.
  • Réhabilitation des savoir-faire traditionnels et à la gestion écologique économique.
  • Pédagogie adaptée aux acteurs de terrain.

*L'AGROÉCOLOGIE

source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Agroécologie

Le terme « agroécologie » fait référence à 3 acceptions : selon l'usage, il peut désigner une discipline scientifique, un mouvement social ou un ensemble de pratiques agricoles (on parle souvent dans ce dernier cas de pratiques et d'infrastructures agroécologiques). Dans le monde, ces trois facettes s'expriment en interaction les unes avec les autres avec des modalités qui diffèrent selon les aires géographiques.

Le terme a été utilisé pour la première fois en 1928 par Basil Bensin, un agronome américain d’origine russe. Les racines de l’agroécologie comme science sont principalement issues de l’agronomie et de l’écologie mais ces dernières années elle a aussi mobilisé très largement toutes les sciences sociales.

En 1988 Altieri la présente comme une base scientifique à une agriculture alternative et en 1995, Miguel Altieri (en), professeur à l’Université de Berkeley, en donne la définition suivante : « L'agroécologie est la science de la gestion des ressources naturelles au bénéfice des plus démunis confrontés à un environnement défavorable ».

[...] En Europe, l'agroécologie pourrait être progressivement encouragée par la conditionnalité des aides compensatrices PAC qui a évolué vers une « Écoconditionnalité », aides versées sous réserve du respect de bonnes conditions agricoles et environnementales. Pour C. Dupraz l'agriculture pourrait évoluer à moyen ou long terme en passant d'une logique d'exploitation du sol et d'autres ressources naturelles à une logique de gestion d’écosystèmes cultivés.

L'agroécologie comme mouvement

suite source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Agroécologie

Le « mouvement de l'agroécologie » est intimement lié à la pratique agroécologique de terrain, puisque le mouvement s'enracine dans les pratiques "locales" et que les pratiques prennent du sens dans un mouvement global. En effet, les tenants de l'agroécologie se défendent d'une approche uniquement technique ou techniciste ; ils prônent une approche globale (holistique), la reconnaissance des savoirs et savoir-faire paysans, et une valorisation des synergies et de la diversité (utilisation respectueuse des ressources offertes localement par la nature, via le biomimétisme éventuellement, c'est-à-dire en "copiant" la nature pour ce qui concerne les processus intéressants pour l'agriculture).

La démarche vise à (ré)associer ou (ré)concilier le développement agricole à la protection de l’environnement et à la biodiversité (sauvage et domestique) ; en passant par des opérations de renaturation le cas échéant.
Il s'agit souvent aussi de faire évoluer une agriculture à orientation quantitative vers une agriculture plus qualitative, ce qui implique un changement de buts et de moyens. Une dimension de commerce de proximité est souvent présente.

Le mouvement pour l'agroécologie ne peut aujourd'hui être cité sans faire référence au mouvement "jumeau" de la souveraineté alimentaire. Martinez-Torres et Rosset (2014) indiquent en s'appuyant sur l'activité de La Via Campesina que l'agroécologie et la souveraineté alimentaire n'ont pas de sens l'un sans l'autre. L'argument avancé est que l'agroécologie systémique est vouée à l'échec si elle ne prend pas en considération et ne se met pas au service des dimensions et revendications humaines portées par le mouvement de la souveraineté alimentaire.

L'agroécologie est aussi une revendication pour une désindustrialisation de la production de fruits et légumes. Cela démarre par la recherche d'alternatives aux puissantes machines agricoles (tracteurs, moissonneuses, épandeuses...) et mène donc au travail artisanal, à l'agriculture artisanale.

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Date de dernière mise à jour : 09/02/2016