Variété des semences ?

Les normes et sélections réduisent drastiquement les variétés

12 plantes et 5 animaux = 75% production mondiale en 2016

12 plantes 5 animaux 75 production mondiale

Ce qui pause la question de la sécurité alimentaire.

source : 2009 http://www.agirpourlabiodiversite.fr/spip.php?article29

Depuis toujours, l’Homme utilise les ressources offertes par la nature pour se nourrir : poissons, gibiers, fruits, graines, mais aussi de nombreux micro-organismes (bactéries, levures, etc.). Le Néolithique marque le passage d’une alimentation issue de la cueillette et de la chasse à l’agriculture et à l’élevage. L’Homme récolte et sème alors des graines sauvages pour assurer sa nourriture et il élève chèvres, moutons, cochons et autres bovins et volailles. Commence alors la sélection de variétés animales et végétales à des fins vivrières (laine, œufs, nourriture, viande, etc.). Au fil des siècles, l’Homme a sélectionné des milliers de variétés/races, dérivées d’espèces sauvages, en sélectionnant des gènes pour donner naissance à de nouvelles races ou variétés correspondant mieux à ses besoins et aux conditions écologiques locales, et ce, dans les différentes régions de la planète.

Un potentiel non utilisé

Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), ce sont de 300 000 à 500 000 espèces végétales qui ont été identifiées. On estime à 30 000 le nombre d’espèce de plantes en partie comestibles et à 7 000 le nombre d’espèces dont l’Homme s’est nourri au cours des siècles.

Aujourd’hui, les disponibilités alimentaires du globe dépendent d’environ 150 espèces végétales. L’alimentation des 3/4 de la population mondiale repose sur 12 d’entre elles ; seules 4 espèces de plantes (blé, maïs, riz et pomme de terre) représentent 50 % des calories végétales dans le monde aujourd’hui, et 18 espèces en représentent 80 %. Pour les espèces animales, 95 % de la consommation mondiale de protéines proviennent de volailles, bovins et porcs.

Chaque espèce, pour des besoins locaux, se décline en des variétés ou races parfois nombreuses. On compte ainsi 6000 variétés de caféiers et plus de mille de bananes dans le monde. En France, neuf cents variétés de poires et trois mille de pommes ont été recensées. Les Philippines comptent plus de 200 variétés de patates douces ; les agriculteurs Jivaro cultivent plus de 100 variétés de manioc dans la forêt amazonienne ; les Andes abritent plus de 70 variétés de pommes de terre.

Bien que moins importante, cette diversité existe aussi chez les animaux : par exemple, quelques 384 races de chiens (les chiffres oscillent selon les comités) sont connues qui, rappelons-le, sont toutes issues du loup. Dans le monde, on compte aussi environ neuf cents races de moutons, huit cents races de bovins, six cents races de chèvres et quatre cents races de porcs.

A partir des années 1970, la sélection s’est portée vers un nombre restreint de variétés à haut rendement permettant d’intensifier la production mais engendrant une importante érosion génétique.

Biodiversité et sécurité alimentaire

Aujourd’hui encore, dans la majorité des pays en développement, les activités de chasse et de cueillette contribuent à la subsistance des populations rurales. Dans les régions sèches de l’Inde par exemple, en temps normal, les produits d’origine sauvage assurent 14 à 23 % du revenu des pauvres en milieu rural mais en temps de sécheresse, ce pourcentage atteint 42 à 57 %.

La sécurité alimentaire est aussi liée à une grande diversité d’espèces et de variétés cultivées. Plus leur nombre est important et mieux les paysans arrivent à nourrir leur famille : leurs récoltes s’échelonnent dans le temps et permettent de stocker certaines céréales, évitant les disettes.

Une importante biodiversité permet d’exploiter différents microenvironnements. Aux paysans les plus pauvres, un vaste choix de plantes et d’animaux permet un régime alimentaire varié tout en diversifiant les revenus. Les cultures s’en portent mieux puisque leur résistance aux parasites et aux pathogènes est accrue (UNESCO).

Imaginez qu'une tempête balaie votre jardin et qu'à votre insu et sans votre consentement des graines étrangéres génétiquement modifiées s'introduisent dans le potager que vous choyez depuis des années. Quelques jours après les représentants d'une multinationale frappent à votre porte, réclament tous vos légumes et portent plainte contre vous pour utilisation illégale de semances patentées en exigeant le paiement d'une amende de 20'000 euro.
Et le tribunal donne en plus raison à la multinationale.
Mais vous résistez...

Cette anecdote n'a malheureusement rien de fictif. C'est une réalité amére, a l'échelle mondiale et en particulier pour les canadiens Percy et Louise Schmeiser, détenteurs du Prix Nobel alternatif, qui se battent depuis 1996 contre le chimiste et fabricant de graines Monsanto. Environ 3/4 des récoltes mondiales de plantes génétiquement modifiées sont issues des laboratoires Monsanto, une multinationale américaine à laquelle on doit les tristes inventions du DDT, du PCB et de l'agent orange. Monsanto ne recule devant rien pour contrôler la chaîne de production allant des champs jusqu'à l'assiette du consumateur. C'est ce qu'ont vécu les agriculteurs Troy Rush, David Runyon et Marc Loiselle ainsi que milliers d'autres paysans dans le monde.

Ceux-ci ne luttent pas que contre Monsanto pour survivre en tant que paysans mais également pour pour la liberté d'expression et le droit de propriété.

Pourtant c'est surtout pour l'avenir de leurs enfants et petits-enfants qu'ils se sont engagés, pour que ces derniers puissent grandir dans le monde exempt de nourriture génétiquement modifiée.

Ce film est porteur d'espoir : pour tous les individus qui craignent de ne pas faire le poids face au monde de la politique, de la finance et aux multinationales. « David contre Monsanto » nous prouve le contraire.

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Date de dernière mise à jour : 12/02/2016