Tiers-Lieux [vidéos] ✪

source : http://tempsdescommuns.org/les-tiers-lieux-des-espaces-de-proximite-pour-creer-et-produire-en-communs

Les tiers-lieux sont des espaces de travail, dont la neutralité, la convivialité et le type de ressources mises à disposition (équipements, animation et conseil), permettent à leurs usagers de concevoir et/ou de fabriquer des biens ou des services, individuellement ou en équipes, tout en acquérant des connaissances et développant leur réseau de partenaires.

Implantés localement dans les quartiers et les territoires, ils constituent une alternative à la fois à l’entreprise conventionnelle et au travail indépendant. Issus le plus souvent d’une initiative entrepreneuriale privée ou d’une démarche citoyenne, ils peuvent également être soutenus voire initiés par la puissance publique.

Ils peuvent ainsi offrir des fonctions de coworking, de fabrication numérique (fablab) et de « bricolage/recyclage » (hackerspace, repair-café…), mais aussi répondre à d’autres besoins locaux grâce à une coopérative d’activités et d’emplois, un incubateur ou une pépinière de projets innovants, une conciergerie, un point d’accès aux services publics, une plateforme de rencontre en producteurs et consommateurs (AMAP, Ruche qui dit oui…), un lieu de création artistique…

Leurs usagers peuvent être des travailleurs indépendants ou des porteurs de projets, des salariés qui télé-travaillent pour leur entreprise, des associations ou des petites entreprises hébergées provisoirement ou durablement, voire des agents de service public (en milieu rural par exemple).

De nombreux tiers-lieux se dotent d’une charte qui rappelle leurs valeurs (open-source, développement durable, économie sociale et solidaire…) et d’une gouvernance démocratique qui permet à la communauté de ses usagers d’en gérer collectivement l’accès, le fonctionnement et le développement comme un (bien) commun.

Ces différentes caractéristiques font sans doute des tiers-lieux, des laboratoires préfigurant l’entreprise de demain, une (co-)entreprise collaborative capable de réconcilier la conception (design) et la fabrication (du prototype à l’objet sur mesure, capable de répondre de manière durable aux besoins spécifiques des utilisateurs locaux), permettant ainsi une relocalisation progressive de la production manufacturière et l’avènement d’une économie « distribuée » reposant sur des modèles ouverts et la coopération entre pairs.

« Véritable disruption » plutôt qu’une évolution du modèle économique capitaliste, cette perspective est indissociable de celle annoncée de la disparition du salariat conventionnel. Les « travailleurs » des tiers-lieux sont indépendants (et ne se reconnaissent plus dans la notion de « lien de subordination » qui caractérise le statut salarié), travaillent pour eux et pour plusieurs donneurs d’ordre, participent au cas par cas à des équipes de dimension variables qui se créent en fonction des projets.

Cependant le risque est grand que l’essor du travail indépendant se fasse au détriment de notre modèle protection sociale qu’il faudra alors réinventer, et pourquoi pas au sein des tiers-lieux en imaginant des formes de mutualisme et de solidarité entre pairs.

Ces différentes observations invitent bien évidemment aux questions et le cas échéant au débat contradictoire :

Les tiers-lieux constituent-ils une alternative crédible au modèle économique actuel ?
Leur nature, leur fonctionnement leur gouvernance en font-ils une forme de « communs » territoriaux et si oui, quelles sont les enclosures dont ils auront à se défier ?
Les tiers-lieux peuvent-ils trouver leur modèle économique et si oui avec quel équilibre entre les économies marchande, non marchande et non monétaire ?
Comment ouvrir les tiers-lieux au plus grand nombre alors qu’ils sont aujourd’hui principalement fréquentés par ce qu’il est convenu d’appeler des « créatifs culturels » ?
Les tiers-lieux doivent-ils imaginer de faire réseau entre eux pour mutualiser des moyens de développement et de solidarité ?
Les collectivités doivent-elles soutenir activement la création et le développement des tiers-lieux considérés comme un des nouveaux leviers du développement local ?

Un rôle et des postures avant tout : le manifeste des tiers-lieux et le rôle de concierge

Une conciergerie ?

source : http://movilab.org/index.php?title=La_conciergerie

La conciergerie est le processus d'accueil et d'animation d'un Tiers Lieux. Elle se formalise par l'action du concierge qui met en relation les compétences, les ressources et les volontés de chacun au seins d'une communauté. La conciergerie constitue une offre de service de Tiers-Lieu dans le sens où elle permet de générer des flux d’interactions au seins de communautés diverses.

Le concierge accompagne les usagers dans la découverte et l’appropriation progressive des apports du «collectif» notamment le partage de réseaux, de compétences et d’expériences. Sans une intervention même légère, les interactions entre usagers peuvent ne rester qu'au niveau de la cordialité sans forcément entrer dans «l’intimité» des projets nécessaire à la co-construction de ces derniers. La communauté a besoin d’être animée pour produire des effets.

Le travail du concierge regroupe ainsi une grande diversité d’opérations : l’animation de communauté, mais aussi la gestion administrative (enregistrement des abonnements, facturation, etc.), la communication commerciale (alimentation du site Internet et des réseaux sociaux, rédaction de communiqués de presse, relation avec les partenaires financiers), puis la gestion de l’espace et du matériel (aménagement du lieu, réservation des salles, gestion des problèmes informatiques, nettoyage du lieu).

Ainsi, être concierge n'est pas un métier mais un rôle, qui se découpe en plusieurs postures. En théorie, tout le monde est capable de devenir concierge ponctuellement ou dans la durée. La conciergerie peut donc être assuré de plusieurs manières et ce en fonction des ressources inhérente au lieu.

L'animation joue un rôle central dans le processus des Tiers-Lieux. Afin de donner vie à une dynamique de Tiers-Lieux à une communauté apprenante, il ne suffit pas de disposer d’un « mobilier design » entre quatre murs et d’une personne assurant les tâches administratives. Un Tiers Lieu non animé est une coquille vide.

Pourquoi mettre en place des tiers-lieux sur un territoire ? Avis et arguments phares

source : http://www.netpublic.fr/2016/01/pourquoi-mettre-en-place-des-tiers-lieux-sur-un-territoire-avis-et-arguments-phares

Le document Développer la mise en place de « Tiers-Lieux » (pdf, 4 pages) met en forme des arguments forts pour mettre en place des tiers-lieux au sein des territoires.

En juin 2015, le Conseil Économique, Social et Environnemental Régional Poitou-Charentes a donc rendu cet avis dans le cadre des rapports communs aux régions Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes pour harmoniser des politiques prioritaires.

Tiers-lieux et développement économique

L’avis de 4 pages définit précisément la notion de tiers-lieux comme « nouveaux lieux et formes de travail » en insistant sur la dimension économique, entrepreneuriale plurielle et d’aménagement du territoire de ces lieux partagés.

Tiers-lieux et développement durable

Il est également indiqué l’importance de mettre en place des tiers-lieux correspondant aux 3 dimensions de la notion de développement durable : dimension environnementale, dimension économique et dimension sociale.

Aussi, l’animation locale est la clé pour la réussite des tiers-lieux et leur implantation sur les territoires avec 5 critères clairement définis… sans oublier une politique de communication et un accompagnement essentiel des porteurs de projets.

Des actions en devenir

Enfin, il est proposé un dispositif expérimental commun à l’Aquitaine, au Limousin et à Poitou-Charentes pour la création et de développement des tiers-lieux.

Comment créer un tiers-lieu ou un lieu partagé ? Infographie de bonnes pratiques décisionnelles

source : http://www.netpublic.fr/2015/09/comment-creer-un-tiers-lieu-ou-un-lieu-partage-infographie

Maxime Arnaud est l’auteur de cette infographie mode d’emploi – en pdf (voir ci-dessous) organisée autour d’étapes clés et 6 phases essentielles pour se lancer dans un projet de lieu partagé parmi 8 types :

Panorama des possibles pour un tiers-lieu ou lieu partagé

L’infographie Comment créer un tiers-lieu – taille réelle (en pdf) tient compte de retours d’expériences en France réunis par la Coopérative des Tiers-Lieux.

Sur cette affiche sous la forme d’un schéma de processus – organigramme (« flowchart »), il est signalé des points à prendre impérativement en compte, des pratiques efficientes, des principes pour un projet collectif de tiers-lieu réussi sans oublier les écueils et dérives.

Une vision que l’équipe qui a conçu et pensé cette infographie tiers-lieu appelle un « panorama des possibles ».

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Les ateliers coopératifs font leur révolution. Le cas d’Helios.

 
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La réponse d’une génération
À l’image d’Helios, ces espaces coopératifs où professionnels et amateurs viennent partager savoir et invention, est la réponse de toute une génération fatiguée d’un capitalisme individualiste et de la surconsommation. Là où tout est fait pour isoler les individus et les mettre en compétition, ils créent des espaces communautaires d’entraide. Là où les gens sont poussés à être des consommateurs passifs, ils se réapproprient la fabrication : ils bidouillent, ils assemblent, ils jardinent, ils cuisinent.
Comme les universités populaires, les jardins communautaires, les éco-villages ou les concerts de salon, les ateliers coopératifs sortent le savoir des institutions et des spécialistes pour le mettre à la disposition de tous. Ici pas de CV, pas de dossier, pas même besoin d’expérience : c’est l’envie et l’implication qui comptent. Le savoir ne passe que par le partage, par l’action, par l’expérimentation. C’est aussi le DIY (Do it yourself ) et le DIWO (do it with others).

 

De la réparation d’un monde à la préparation d’un autre
Cette nouvelle génération cherche à rétablir les équilibres que nous avons perdus : entre l’individualisme et la communauté, entre le virtuel et le manuel, entre la science et l’art, et brise les frontières entre amateurs et professionnels. Dans un atelier coopératif, tout part des rêves d’un individu. C’est le groupe qui l’aide à les réaliser. Le virtuel n’isole pas les individus, il leur permet de se rassembler. L’électronique et le manuel font bon ménage : ainsi Anthony Lapointe, membre de iMuFab, atelier de fabrication numérique de l’iMusée, a présenté aux journées portes ouvertes d’Helios son projet de créer une serre où les besoins des plantes en eau, en soleil et en air, seraient automatiquement détectés par un programme numérique.
Les ateliers coopératifs deviennent ainsi les laboratoires de projets de développement durable, attirant les créateurs du futur. Ainsi, Isabel Casares, une jeune chef-cuisinière mexicaine, a présenté cette même journée son projet de produits faits à partir de fruits et de légumes jetés par les supermarchés montréalais. Elle crée des confitures et des conserves et les revend dans les mêmes supermarchés, qui deviennent ses fournisseurs et ses clients. Les gaspilleurs deviennent les récupérateurs créant une boucle positive.
À Helios, les enfants sont tout autant bienvenus. Les ateliers coopératifs recréent le lien mutilé entre les générations. En présentant leur console de jeu maison, les frères Lamontagne ont raconté avoir voulu recréer pour leurs enfants ce que leur grand-père avait bidouillé pour eux. Retrouver le plaisir de fabriquer ses propres jeux… comme avant, avec les outils d’aujourd’hui.
« Chacun devient le déclencheur du rêve de l’autre. Créer un espace d’entraide qui permette à chacun de devenir un faiseur qui apprend, qui s’amuse, qui partage, cela fait des gens plus heureux. » Justyna Ausareny
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Lors des journées portes ouvertes, les questions nombreuses après chaque présentation témoignaient de la curiosité de chacun pour le travail de tous. Certains présentaient des prototypes pour changer un bout du monde, d’autres s’étaient donné le challenge de fabriquer eux-mêmes quelque chose d’original. Pour Lambert, c’est la rencontre entre des gens venant de milieux totalement différents qui crée des étincelles : « Quand des gens qui viennent de différentes disciplines se rencontrent, c’est là que les idées les plus incroyables, les plus folles et les plus intéressantes émergent. » Depuis, ce sont aussi des neuroscientifiques, des artistes, des médecins, des philosophes, qui sont passés par Helios pour relier leur expertise à la technologie.
Cet été, tout au long des mois de mai et de juin 2015, l’espace coopératif proposera des ateliers d’introduction et de perfectionnement en microsoudure électronique, ébénisterie, couture, design sur imprimante 3D, et bien d’autres choses.

 

Un autre monde se prépare ici et maintenant
Concrètement, à Helios, vous pouvez par exemple apprendre en moins d’une heure à changer votre écran de téléphone brisé. Vous pouvez aussi imprimer en 3D cet objet impossible à trouver dans le commerce. Vous pouvez vous former à une multitude de domaines professionnels des plus basiques au plus complexes. Si l’on peut appliquer une seule idéologie aux ateliers coopératifs, c’est celle-ci : seul possède celui qui sait réparer… nous voici à l’opposé de la notion de propriété comme exploitation de la ressource.
Les ateliers coopératifs comme Helios travaillent avant tout pour les générations futures. Ils contribuent à créer des individus plus autonomes et plus conscients de ce qu’ils consomment. Ils témoignent d’une génération qui décide de changer les règles et la manière de fonctionner pour se donner une chance, dans un monde qui l’a déjà condamnée. Les hacker-makers sont-ils les derniers résistants au rouleau compresseur de la société individualiste de consommation ou les pionniers du monde de demain ? Tout dépend du soutien que nous leur apporterons.
« Tout le monde est invité à nous rejoindre : des femmes au foyer, des enfants, des artistes, des ingénieurs, des personnes âgées, n’importe qui avec des mains et un esprit curieux !  » L’équipe d’Helios.

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Date de dernière mise à jour : 25/01/2016